• Cette histoire est l'une des suites du oneshot "Le bonheur"
    Cependant, vous pouvez également la lire en ayant simplement vu l'anime dans son entièreté :)

    La partie italique du début est exactement le même début que dans "Le bonheur trouvé"
    Si vous venez de le lire et/ou si vous vous en souvenez, vous pouvez donc la passer (si vous le souhaitez) :p

    • Seconde Chance ~ Prologue ♪

    Elle avait fait son choix. Elle l'avait choisi. Lui. Pas moi.

    ---

    J'ignorais toujours comment elle avait pu se débarrasser de Deep Blue, et comment Aoyama, qui était censé avoir complètement disparu comme l'avait sciemment affirmé Pai, pouvait se tenir devant nous, le corps inerte d'Ichigo dans ses bras. Elle s'était servie du cristal en lui pour redonner vie à la planète et à tous ses habitants, puis avait choisi de lui donner sa vie. Tout comme j'avais choisi, un peu plus tôt, d'offrir la mienne pour elle.

    Pai et Taruto m'avaient rejoint, et tout ce que nous pouvions faire pour eux - enfin, pour elle, c'était de les téléporter hors de cette forteresse. Nous rejoignîmes ensuite le vaisseau que Pai et Taruto avaient utilisé pour venir (le mien étant trop petit, et de toutes façons au milieu de l'océan, dans un endroit appelé "carré de quelque chose", si mes souvenirs étaient exacts), et détruisîmes la forteresse avant qu'elle ne s'écrase sur Tokyo.

    Je ne pus m'empêcher, alors que nous nous éloignions avec le dernier reste de cristal d'eau bleue, dans le but de nous en servir pour rendre notre planète aussi habitable que la Terre, d'utiliser les caméras du vaisseau pour regarder Ichigo une dernière fois.

    Pourquoi ? Pourquoi était-elle... morte , alors que j'avais pourtant tout fait pour la sauver ? Pourquoi avait-il fallu que cet abruti d'humain ne meure ?

    C'était bien la première fois que je pensais une telle chose à son sujet. Moi qui avais tant de fois espéré qu'il ne disparaisse tout simplement de la surface de la Terre, et si possible de la mémoire d'Ichigo par la même occasion...

    Je coupai ces fichues caméra, ne pouvant supporter de la regarder plus longtemps dans cet état . Elle ne pouvait pas mourir. C'était... C'était tout simplement impossible. Pas elle. Pas alors que je venais à peine de réaliser ce que je ressentais pour elle. Pai lâcha le livre qu'il était en train de lire pour prendre le relais aux commandes du vaisseau, tandis que je me levai du siège de pilotage. Taruto me regarda d'un air inquiet.

    - Où tu vas ?

    - Je... J'ai besoin de me reposer un peu. J'ai eu de la chance d'être atteint par un peu d'eau bleue et ramené à la vie , mais ça n'était pas suffisant pour me redonner toutes mes forces.

    Je n'aimais pas lui mentir, mais j'avais le sentiment qu'il ne pourrait pas comprendre. Ou peut-être aurait-il pu comprendre partiellement, puisque lui non plus ne reverrait jamais la petite fille singe... Seulement, ne jamais la revoir et la savoir morte restait plutôt différent. Et je doutais assez qu'il l'aime de la façon dont j'aimais Ichigo. Je la n çai un regard désolé à Pai, dont je savais qu'il n'aimait pas spécialement piloter, qui me fit en retour un petit sourire compréhensif.

    Mes yeux se posèrent ensuite sur le livre, encore ouvert à la page où il s'était arrêté, qu'il avait posé sur le tableau de bord. C'était un des ouvrages sur l'eau bleue que je n'avais pas réussi à retrouver lorsque j'avais fait mes recherches sur le cristal , des mois plus tôt.

    - Tiens, c'est toi qui l'avais...?

    - En te voyant prendre un à un tous les bouquins sur le sujet, j'ai eu envie de me documenter aussi. Mais je n'ai toujours pas eu le temps de le finir, à peine de l'entamer. J 'étais un peu trop occupé à bosser, moi ...

    La phrase paraissait rude, mais c'était simplement sa façon " bien à lui " de s'exprimer. Il n'y avait pas d'attaque personnelle... pas cette fois en tous cas.

    Et puis , il n'avait pas tout-à-fait tort, j'avais souvent flâné depuis leur arrivée sur Terre.

    - Ça te dérange si je le prends ?

    - De toutes façons, je vais de voir conduire pendant quelques heures encore, alors je n'en aurai pas l'utilité. Et si tu peux y trouver comment nous servir exactement de l'eau bleue pour rendre la planète habitable, ...

    Encore une fois, sans le connaître, on aurait pu prendre cette phrase pour une réplique pas spécialement sympa, mais c'était sa façon à lui de me dire « Non, ça ne me dérange pas » avec un grand sourire (à l'intérieur, en tous cas).

    - Merci.

    ---

    Ce livre racontait globalement les mêmes choses que ceux que j'avais déjà lus. Il parlait des propriétés de l'eau bleue, de sa puissance, des cœurs résonnants... Jusque-là, la seule nouvelle info que j'y avais vu e était que certains scientifiques avaient tenté d'en fabriquer eux-mêmes, sans y parvenir. Pas très utile, en somme, comme info. Si c'est impossible, ça ne nous sert pas à grand-chose de le savoir - sinon à ne pas perdre notre temps à essayer, évidemment.

    Je tournai la page, me demandant presque si je ne devrais pas arrêter ma lecture là et essayer de dormir un peu. Après tout, j'étais vraiment épuisé, psychologiquement parlant... Mais mon regard fut attiré par un schéma sur la page de droite. Un genre de... rituel ? ... J'allais au moins lire cette page pour comprendre ce qu'un dessin de ce genre y faisait, alors qu'aucune illustration ne décorait le reste du livre (pas même la couverture), et si ça n'était pas intéressant, j'arrêterais là !

    Quelle ne fut pas ma surprise en relevant la tête et en croisant mon visage souriant, qui se reflétait dans la vitre du vaisseau. J'allais pouvoir la sauver, et sauver ma planète !

    ---

    Heureusement, le rituel ne demandait pas trop de matériel, et j'avais réussi à tout trouver dans le vaisseau. J'avais surtout été inquiet par rapport à une plante au nom bizarre, mais elle était heureusement dessinée et j'a vais pu la trouver parmi les " spécimens utiles" que Pai a vait décidé de ramener de la Terre; le "Pavot de Californie" (du moins, c'était le nom que les humains lui donnaient et que Pai avait écrit sur son pot, celui du livre éta n t bien évidemment différent puisqu'elle avait reçu un autre nom de la part de nos ancêtres terriens).

    I l suffisait de broyer les pétales et le cœur de la fleur , puis d'y ajouter quelques éléments chimiques simples qui se trouvaient également dans le laboratoire de Pai, une goutte de sang, et... le cristal d'eau bleue.

    C'était stupide, j'en étais conscient. C'était tout ce qu'il en restait, Deep Blue ayant consumé tout le reste pour retrouver son corps et ses pouvoirs; c'était donc notre dernière chance de sauver notre planète, et si le rituel ne fonctionnait pas (personne n'avait pu réellement prouver qu'il fonctionnait, d'après le livre , ce qui n'avait rien d'étonnant ), j'allais simplement le gaspiller et tous nous condamner à mort. Rendre l'entièreté de cette mission inutile. Rendre la mort d'Ichigo inutile.

    Malgré tout , il fallait que j'essaie. Je sortis le cristal de ma poche et, priant qui pourrait m'entendre de faire en sorte que ça marche, je fermai les yeux aussi fort que possible tout en le mélangeant à la mixture...

    Je rouvris les yeux sous la surprise avant de les fermer à nouveau , lorsqu'une lumière blanche émana du mélange, m'aveuglant complètement, rendant tous les éléments de la pièce impossible à distinguer. La lumière se calma assez rapidement, mais tout demeura blanc autour de moi . J e me sentis bizarre... Comme si je flottais. Mais pas comme j'en avais l'habitude. Plutôt comme si j'étais en apesanteur.

    J'avais un peu de mal à sentir mon propre corps, qui était comme engourdi. D u mal à bouger , à respirer.. . D u mal à réfléchir. Est-ce que ça fonctionnait, ou est-ce que j'étais simplement en train de faire une sorte de bad trip ?

    Le blanc redevint lumière, puis des couleurs, des formes se matérialisèrent autour de moi. Je me trouvais dans un endroit qui ne m'était pas complètement inconnu , sans pour autant m'être particulièrement familier. J e me voyais dans l'endroit en question. Comme si j'étais en dehors de mon corps. Je me vis exécuter une fusion grâce à l'âme d'un humain que j'avais dû dérober juste avant, puis d'un seul coup, je me retrouvais au-dessus d'Ichigo.

    Plus à l'extérieur de mon corps. Je me trouvais désormais à l'intérieur de moi-même (ce qui aurait été étrange à dire dans d'autres circonstances), lui tenais les poignets, et j'eus tout juste le temps de réaliser que cette situation m' était familière pour pouvoir bloquer s es jambes  avec les miennes avant qu e son genou ne puisse venir percuter une partie bien trop sensible de mon corps...

    Je ris. Du même rire un peu cinglé que j'avais utilisé tant de fois devant elle. En plus de son air fâché et féroce, elle me regarda comme si j'étais complètement fou, mais ça n'avait aucune espèce d'importance. Je l'avais fait ! J'avais pu remonter le temps, la ramener à la vie, obtenir une seconde chance... J'allais pouvoir réécrire l'histoire !

     

    • Seconde Chance ~ Prologue ♪

    Voilà pour le prologue de la "fin surprise" du oneshot "Le bonheur" !

    Il est assez court, mais ne vous en faites pas, les chapitres seront plus longs que ça;
    c'est juste que le prologue devait impérativement se terminer là-dessus ! :)

    Qu'en pensez-vous ? La perspective est plutôt intéressante, hein ? :p

    Aleka, tu as compris ou pas trop ? :3
    #troll #humour #leprendspasmaljtm♥

    Je veux plein plein plein d'avis pour savoir si cette idée de départ vous plaît ou non,
    ce que vous en pensez, etc !! :D

     

    PS: Le pavot de Californie à la fois pour ses vertus thérapeutique (sinon quel intérêt Pai aurait-il à en ramener ?) que je vous laisse chercher si vous êtes curieuses, et pour sa couleur qui me fait tellement penser aux yeux de Kisshu. Voilàvoilà.


    6 commentaires
  • Je me calmai, réfléchissant rapidement, la tenant fermement tout en tentant de ne pas lui faire mal, alors qu'elle se débattait. Qu'est-ce qu'il s'était passé, un peu avant ce moment-là, déjà...?

    J'avais envoyé ses amies dans une autre dimension, lui avais dit de se battre avec la louve, et que la gagnante devrait venir avec moi, si elles voulaient les revoir un jour, je pense. Mais Ichigo avait été tenace, avait refusé de me suivre même si cela la menait vers une mort assurée, et finalement son courage avait plus ou moins contaminé la violette qui avait réussi à libérer les trois autres...

    À vrai dire, j'aurais préféré pouvoir revenir un peu plus tôt, avant de la rencontrer, de lui voler ce baiser, et qu'elle ne me déteste. Mais il n'avait certainement pas dû rester assez de cristal pour revenir plus loin en arrière... Reprendre les événements en cours allait s'avérer compliqué, mais heureusement, je me souvenais pas trop mal de ce moment-ci. Et c'était même un moment plutôt idéal pour la convaincre de participer à mon plan !

    J'avais un certain avantage par rapport à la première fois. Même plusieurs. Premièrement, je savais comment j'avais échoué, et donc qu'il ne fallait pas que je reproduise les mêmes erreurs: si Ichigo croisait et sauvait la cinquième fille, elle irait sauver les trois autres et ça se finirait plus ou moins de la même façon. Deuxièmement, je savais que menacer Ichigo de la tuer ne fonctionnerait pas, je savais désormais que la vie de ses amis comptait plus pour elle que sa propre vie, et qu'il me fallait trouver une façon de me servir de cet élément. Troisièmement, j'avais désormais des arguments valables, qui pourraient peut-être la convaincre de me suivre, sans forcément avoir à la menacer... Je décidai de tenter cela d'abord, tandis que l'immense serpent derrière nous partait dans les couloirs du bâtiment à la recherche de proies à tuer.

    - Tu sais, chaton, je n'ai pas du tout envie de continuer à me battre contre toi, ni contre tes amies.

    - Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ?!

    - Je voudrais essayer de régler notre conflit de façon plus pacifique. C'est pour ça que j'ai besoin que tu viennes avec moi...

    - Pacifique ? Avec ce monstre que tu viens d'envoyer tuer tous les humains présents ici, et le combat que tu veux me forcer à avoir avec Zakuro ? Ne te fiche pas de moi !

    Elle n'avait pas tout-à-fait tort... Je n'avais envoyé ce serpent nulle part, mais s'il allait tuer des humains, ce serait tout de même de ma faute. Je me remis debout en flottant, sans la lâcher, la forçant à se lever également. Me positionnant dans son dos, j'y fis passer ses bras, en les tordant légèrement de façon à l'empêcher de gigoter, et pris ses poignets dans une seule de mes mains. J'enroulai mon bras libre autour de sa taille et, la faisant crier sous la surprise, me mis à flotter à l'horizontale dans la direction dans laquelle le monstre était parti. Ichigo tenta de me lancer un regard furieux, mais la peur prédominait largement sur son joli visage.

    - Ne-Ne t'avise pas de me lâcher, compris ?!

    N'importe quel humain aurait dit la même chose, en étant en position allongée, le visage vers le bas, à deux bons mètres du sol. Mais je ne pus m'empêcher d'être un (tout petit) peu heureux qu'elle me dise ça. Elle ne voulait pas que le la lâche, et ça tombait bien, parce que je ne voulais pas la lâcher.

    Je finis par rattraper le serpent et, me posant (ainsi qu'Ichigo) au sol, je lâchai sa taille, gardant une poigne serrée sur ses mains, me servant de mon bras libre pour envoyer une décharge d'énergie au monstre qui disparut dans un cri d'agonie à nous vriller les tympans.

    - Satisfaite ?

    - Non !

    Toujours pas...?

    - Je te rappelle que tu as toujours mes amies, qui sont prisonnières je ne sais où. Comment tu voudrais que je te fasse confiance ?

    Je repris ses poignets séparément dans mes deux mains et l'épinglai contre le mur le plus proche, lui tirant un nouveau cri de frayeur.

    - Tu en demandes un peu trop, chaton. Si je ramène tes amies, elles se transformeront, me forceront à partir, et au final, je n'aurai rien gagné.

    - Et si tu ne les ramènes pas, je ne viendrai jamais avec toi !

    - Donc, tu viendras si je les ramène ?

    - Bien sûr que non !

    Je ris nerveusement. Elle jouait avec mes nerfs, ou quoi ?

    - Ichigo,

    Elle parut presque choquée en entendant son prénom et pas un "chaton" ou autre surnom animalier.

    - Je pense que tu ne réalises pas vraiment ce que tu racontes. Tu es en train de me demander de ramener tes amies en échange d'exactement la même chose que si je ne les ramenais pas.

    - Oui, parce qu'il n'y a pas moyen que je parte avec toi ! Si tu ne les fais pas revenir, Shirogane finira bien par trouver un moyen de s'en occuper lui-même, de toutes façons.

    - Pour ça, il lui faudrait une technologie beaucoup trop avancée, et tes amies n'ont pas vraiment le temps d'attendre que son petit cerveau ne grille en tentant de la concevoir.

    Ça ne me plaisait pas, mais j'allais être forcé de menacer ses amies. Elle me détesterait peut-être ensuite, mais c'était ça ou finir par reproduire exactement la même chose que la dernière fois. Perdre ici, ça revenait à ne pas l'avoir de mon côté, ce qui revenait très probablement à faire échouer tout le plan auquel j'avais pensé en lisant cette page sur le rituel de retour dans le temps... et ça, ça n'était pas concevable. Je ne pouvais pas la laisser mourir à nouveau à la fin du combat contre Deep Blue. Je ne pouvais pas échouer durant cette seconde chance.

    Je tentai de me souvenir plus ou moins où je les avais envoyées, pris les deux poignets d'Ichigo dans une seule main à nouveau, et ouvris un miroir dimensionnel avec ma main libre. Nous pouvions désormais les voir être peu à peu englouties dans une espèce de tempête de sable qui remplissait progressivement la dimension et leur arrivait déjà à la taille. Ichigo hurla vers le miroir, appelant leurs prénoms.

    - Elles ne peuvent pas t'entendre. Tu peux les voir, mais elles ne te voient et ne t'entendent pas.

    Et même si elles le pouvaient, je doutais fort qu'entendre Ichigo crier leurs prénoms les aide particulièrement.

    - Ramène-les ! Ramènes-les, Kisshu ! Tu m'entends ? Sinon je-

    - Sinon tu quoi ? Tu cries encore plus fort et tu montres les dents ?

    Elle me lança un regard furax, ses mâchoires serrées comme jamais en réalisant à quel point elle était impuissante. Je lâchai finalement ses poignets, qui étaient un peu rouges. Je l'avais certainement serrée trop fort... Après tout ce temps, j'avais toujours du mal à évaluer la fragilité des humains.

    Elle tenta de se jeter sur moi pour me frapper, mais j'esquivai facilement son coup. Elle saisit son médaillon, prête à se transformer. Je haussai un sourcil, prenant un air aussi sérieux et détaché que possible.

    - Tu penses vraiment que me faire partir d'ici est une bonne idée ?

    - La ferme !

    - Tu penses qu'elles iront mieux si tu me fais du mal ? Qu'elles seront sauvées si je m'en vais ? Qu'elles seront ramenées auprès de toi comme par magie à l'instant où je partirai, peut-être ?

    - La ferme !

    - Ça ne les aidera pas, Ichigo.

    - La f-

    Je m'approchai, attrapant son menton entre deux doigts, la forçant à me regarder dans les yeux. Je lui souris, probablement plus méchamment que ce que j'aurais voulu, parce qu'elle eut l'air effrayé.

    - Tu sais ce qui pourrait aider tes amies ? Que tu acceptes de venir avec moi.

    Elle fronça les sourcils et tenta de me frapper, mais j'arrêtai sa main, qu'elle tenta à nouveau de libérer de mon emprise.

    - Encore ça ?! Je t'ai dit que je ne viendrai jam-

    - Elles vont mourir, Ichigo. Et tu ne pourras rien y faire sans mon aide. Tu accepterais donc de sacrifier leurs vies pour garder ton petit confort personnel ? Tu vaux mieux qu'elles, c'est ça...?

    Je savais que la faire culpabiliser fonctionnerait forcément. Elle arrêta de se débattre. Les larmes lui montèrent aux yeux tandis que ses deux bras tombaient mollement le long de son corps.

    - Non... Non, mais, je... Je ne peux pas...

    - Bien sûr, que tu peux. Il te suffit de promettre d'être à moi, et elles seront sauvées.

    Elle fronça les sourcils tout en se mettant à pleurer.

    - Je ne peux pas me battre à tes côtés ! Je ne veux pas me battre contre elles !

    - Qui a parlé de se battre contre elles ? Je t'ai dit que je voulais résoudre ça d'une façon plus pacifique, non ?

    Son visage ne parvint probablement pas à montrer l'étendue de son étonnement. Il parvint en revanche à me montrer qu'elle restait méfiante et dubitative.

    - Comment ?

    - Sans faire de mal à aucun être humain. C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant.

    Elle réfléchit un instant, tournant son regard vers le miroir dimensionnel, où l'on pouvait voir ses amies sur le point d'être complètement englouties. Elle n'avait pas le temps d'y penser davantage. C'était maintenant ou jamais.

    - Tu me le promets ?

    - Aussi longtemps que tu tiendras ta promesse de m'obéir, de m'appartenir, je tiendrai ma promesse de ne plus blesser aucun humain.

    Elle se mordit la lèvre inférieure et tendit sa main droite, tremblante, sans oser me regarder. Comme pour tenter d'échapper à la réalité de ce qu'elle faisait. Je la saisis et la serrai doucement en souriant. J'avais enfin réussi à la convaincre ! Je claquai des doigts et un portail s'ouvrit à quelques mètres derrière elle, laissant tomber ses amies et un petit monticule de sable. Elle se retourna et voulut accourir vers elle, mais je l'en empêchai, serrant sa main un peu plus fort dans la mienne.

    - Où est-ce que tu crois aller ?

    - Kisshu, laisse-moi au moins voir si elles vont bien ! S'il te plaît !

    Les trois autres se tournèrent vers nous en l'entendant, reprenant difficilement le souffle qu'elles avaient retenu autant que possible pour ne pas respirer de sable. La bleue fut la première à parler.

    - Ichigo ? Éloigne-toi de lui, c'est dangereux !

    Elle fouilla sa poche à la recherche de son pendentif, pour se transformer. Je saisis Ichigo, plaquant son dos contre moi, et fit apparaître l'un de mes saï que je pointai vers sa gorge.

    - Je ne ferais pas ça, si j'étais toi...

    - Qu'est-ce que- ?!

    - Ichigo et moi avons conclu un petit arrangement. Pas vrai, chaton ?

    La verte, qui avait perdu ses lunettes et faisait face à une pile de cartons plutôt qu'à nous, eut l'air perdu. Enfin, en plus de sa myopie, ... dont j'eus beaucoup de mal à ne pas rire.

    - De quoi il parle, Ichigo ?

    - Je... J'ai accepté de... de partir avec lui, s'il vous ramenait.

    Les trois semblèrent horrifiées.

    - Ichigo... est notre ennemie, maintenant, alors ?

    La petite blonde se mit à pleurer, et mon petit chat tenta de la consoler.

    - Il a aussi promis de ne plus attaquer les humains, alors, non, Pudding.

    - Cela dit, j'aurais un message pour le blond qui vous sert de chef. S'il tente de me déranger quand je viendrai sur Terre, ou si n'importe le ou laquelle d'entre vous tente de récupérer Ichigo, ça finira en bain de sang.

    L'intéressée se tourna vers moi, manquant de peu de se blesser toute seule sur mon arme.

    - Quoi ? Tu n'avais pas parlé de ça !

    - Eh bien, ça ne fait pas partie de notre marché. Et je suis sûr que tes amis comprendront et se tiendront à carreau... Pas vrai ?

    Les trois jeunes filles semblaient énervées, impuissante, autant qu'Ichigo l'avait été en réalisant qu'elle ne pourrait pas les sauver seule. La bleue regarda le sol, probablement pour cacher ses larmes, tout en me répondant.

    - On... le lui dira.

    Je souris, sachant que j'avais gagné, rangeai mon arme, puis pris fermement Ichigo dans mes bras et me téléportai avec elle.

    ---

    J'avais visualisé l'intérieur de mon vaisseau, sachant pertinemment que je ne pouvais pas l'emmener dans la dimension verte où se trouvait l'âme de Deep Blue. J'avais juste oublié le fait que je l'avais crashé en plein océan pour que les humains ne le trouvent pas, à mon arrivée sur Terre. Ichigo était inconsciente suite à la téléportation, et je me rappelai de la fois où Taruto avait téléporté la petite blonde sans le faire exprès. La même chose était arrivé, elle avait aussi perdu connaissance. Je ne m'inquiétai donc pas spécialement et me contentai de l'allonger aussi confortablement que possible dans l'une des couveuses du vaisseau.

    Rien à voir avec des couveuses humaines pour bébés, évidemment; il s'agissait de sortes de lits fermés par un couvercle en verre, possédant leur propre gravité et pesanteur afin d'éviter d'être secoués dans notre sommeil, lors de longs voyages. Cela évitait d'avoir à se sangler comme nos ancêtres devaient le faire lorsqu'ils avaient construit leurs tous premiers vaisseaux spatiaux.

    Évidemment, le vaisseau était étanche; c'était un chouia plus pratique pour les virées dans l'espace. L'eau n'y avait donc pas pénétré. Cependant, il n'était pas vraiment fait pour rester dans un endroit aussi humide pendant aussi longtemps, ... ni pour y démarrer. Je priai à nouveau qui pourrait m'entendre de le faire démarrer sans problème, et... il semblait que Dieu soit clairement de mon côté aujourd'hui, car il démarra, les lumières intérieures se rallumant et la couveuse d'Ichigo se fermant au-dessus d'elle puis déployant son champ gravitationnel.

    Je le fis sortir du fond de l'océan sans trop de problème, croisant au passage des poissons tellement affreux qu'on aurait presque dit qu'ils avaient été infectés par des parasites de ma conception. Je me demandai un instant ce que cela donnerait si je les croisais vraiment; deviendraient-ils tout mignons, ou seraient-ils encore plus horribles ? Était-il seulement possible de faire plus horrible...?

    ---

    J'avais tenté de retrouver le Japon, mais les cartes humaines étaient tellement différentes de la vraie vue de la Terre depuis l'espace que j'avais fini par perdre patience et par simplement me stationner en orbite, en prenant soin d'être hors de portée des capteurs humains. Ichigo n'allait probablement pas apprécier ça, mais il lui faudrait s'entraîner à résister à la téléportation, car elle nous serait nécessaire pour nous rendre sur Terre.

    Je me rassis dans le siège de pilotage, la tête me tournant. Après tout, je n'avais toujours pas complètement récupéré du combat contre Deep Blue, et le retour dans le temps m'avait aussi demandé pas mal d'énergie... bref. J'avais besoin d'un peu de repos. Et ça ne serait clairement pas du luxe, étant donné la mission compliquée qui m'attendait: dompter un chaton sauvage. Ah, et accessoirement, tenter de sauver mon peuple...

    Je jetai rapidement un coup d’œil par-dessus mon épaule et le siège, vers la couveuse qui se trouvait en contre-bas des escaliers menant au poste de pilotage dans lequel je me trouvais toujours. Elle dormait paisiblement, et avait même un petit sourire aux lèvres... Elle rêvait probablement de Roméo. Je soupirai, portant à nouveau mon regard vers le vide devant moi et, sans trop m'en rendre compte, finis par m'endormir à mon tour.

    • Seconde chance ~ Chapitre 1 ♪

    Wouhou ! Kisshu a enfin réussi ! o/
    Comme quoi, ça sert, de bien connaître ses ennemis ! :p

    Dites-moi ce que vous en avez pensé, et si vous avez hâte de connaître la suite~ ♥

     

    PS: Puisque ça va être le centre de l'histoire pour quelques temps, je vais tenter de trouver
    des citations amis/ennemis intéressantes à glisser en fin des chapitres à venir. Voici donc la première:

    « Un ennemi tient plus de place dans notre tête qu'un ami dans notre cœur. »
    Alfred Bougeard, Pailles et poutres, 1877.


    9 commentaires
  • - Euh, non, pas moyen que j'aille là.

    - Je ne te demande pas vraiment ton avis, mon joli petit chaton.

    Elle se tourna vers lui, et il aurait pu jurer voir ses cheveux se hérisser légèrement sur sa tête.

    - Je ne suis pas ton chaton ! Et quoi que tu dises ou fasses, rien ne m'obligera à entrer dans un égout !

    Elle ne s'était réveillée que quelques heures plus tôt, et pourtant il avait déjà mal à la tête à force de l'entendre se plaindre. Il s'attendait à ce qu'elle soit difficile à apprivoiser, mais pas à ce point... du moins, il avait espéré qu'elle se montrerait plus coopérative, mais elle ne semblait toujours pas croire au bien-fondé de son plan. Il faut dire qu'il ne lui en avait pas encore spécialement parlé, et qu'elle ne lui faisait de toutes façons pas confiance.

    ---

    Il avait été réveillé par ses cris, tout juste assez étouffés par la vitre de la couveuse pour qu'il ne puisse pas comprendre ce qu'elle lui hurlait - certainement des menaces et, peut-être, quelques insultes. Il lui avait indiqué le bouton pour ouvrir la couveuse, celui qui se trouvait à l'intérieur et quelle n'avait de toute évidence pas vu, et elle en était sortie vexée comme un pou et d'autant plus furieuse. Elle avait tenté de le frapper de ses petits poings, sans grand succès.

    - Tu m'énerves !

    Elle était allée bouder dans un coin du vaisseau, et il avait préféré l'ignorer pour le moment; il devait réussir à recréer son détecteur d'eau bleue, qu'il n'avait pas encore créé à ce moment du passé, et pour ça il lui faudrait du calme qu'il n'aurait certainement pas avec elle aux alentours. Après 10 minutes environ, elle était déjà penchée par-dessus son épaule, à regarder ce qu'il faisait, tout en gardant une certaine distance de sécurité. Il tourna la tête vers elle et elle se remit droite immédiatement, ses yeux trouvant un soudain intérêt pour le plafond et son visage feignant le désintérêt le plus total. Il leva un sourcil, loin d'être dupe.

    - Tu as besoin de quelque chose ?

    - Oh, eh bien puisque tu en parles, oui. Déjà, j'aimerais pouvoir prendre une douche et me changer, puis je commence à avoir faim, et aussi, je m'ennuie à mourir !

    Il soupira, puis se remit au travail, l'ignorant complètement, ce qui la mit à nouveau hors d'elle.

    - Si j'avais su que tu comptais m'ignorer et te servir de moi comme d'une plante verte pour décorer ton vaisseau,

    Il tourna à nouveau la tête vert elle et l'interrompit d'un ton las.

    - Oui ? Si tu avais su, qu'est-ce que tu aurais fait ? Tu aurais laissé mourir tes amies, parce qu'ici, c'est "ennuyeux à mourir" ?

    Ses yeux s'écarquillèrent et papillonnèrent sous la surprise. Elle n'était pas vraiment habituée à voir Kisshu se comporter sérieusement, et d'une certaine façon, ça la mettait encore plus mal à l'aise que lorsqu'il la harcelait. Il se remit au travail, se protégeant les yeux avec des lunettes avant de prendre une sorte de fer à souder un peu bizarre.

    - Non, mais je-

    - Écoute, chaton. J'aime beaucoup ta jolie voix,

    Ce compliment lui décrocha un très léger sourire - même s'il venait de Kisshu.

    - mais les plantes, ça ne parle pas, alors sois un peu roleplay, s'il te plaît.

    Son sourire disparut. Elle cligna encore quelques fois des yeux avant d'exploser.

    - Qu-... Quoiii ?!

    - Je n'en ai plus pour longtemps; je m'occupe de toi dans cinq minutes, promis.

    - Mais ! Tu ! Graaaah !

    Elle partit en tapant des pieds et se mit en boule dans le coin qu'elle avait précédemment quitté, boudant à nouveau.

    - Sérieux, on dirait Shirogane...

    Cinq minutes plus tard, comme promis, Kisshu avait terminé. Il s'approcha d'elle; elle s'était calmée et était relativement satisfaite qu'il lui accorde enfin un peu d'attention; même se disputer avec Kisshu était plus agréable que de rester assise à ne rien faire.

    - Alors, qu'est-ce que tu voulais faire, déjà ? Ah, oui, prendre une douche, pas vrai ?

    Un sourire mesquin, "le sourire façon Kisshu" comme Ichigo en était venue à l'appeler, illumina son visage, et soudain son envie d'hygiène diminua fortement. Elle rougit à la simple pensée de ce à quoi il devait être en train de penser, et bafouilla.

    - Hm, oui, enfin, commencer par manger me conviendrait aussi...

    Il leva un sourcil et son sourire s'élargit. Il s'approcha d'elle et posa ses mains contre le mur, l'encerclant.

    - Tu es sûre ? Ça semblait pourtant plutôt urgent, tout-à-l'heure...

    Il se pencha pour murmurer à son oreille.

    - Et j'avoue que c'est une idée qui ne me déplairait pas vraiment...

    Elle rougit davantage et ferma les yeux aussi fort qu'elle le pouvait, espérant que ça l'aide à ne plus sentir son souffle chatouiller son oreille, frustrée que quelque chose d'aussi insignifiant lui fasse tant d'effet. Elle ne l'avouerait jamais à haute voix, mais que ce soit cet alien pervers ou son patron esclavagiste et sans cœur, lorsqu'ils faisaient ce genre de choses, son cœur s'emballait... Enfin, un peu, hein ! Elle détestait ce genre de comportement de leur part à tous les deux, et pourtant, elle n'arrivait pas à y rester indifférente.

    En revanche, elle arrivait à garder les pieds sur terre.

    Elle poussa de toutes ses forces sur son torse, et fut encore plus frustrée en sentant que s'il s'était écarté d'elle comme prévu, ça n'était pas parce qu'elle avait réussi à le repousser, mais parce qu'il s'était laissé faire. Elle lui lança un regard assassin, les joues toujours aussi rouges.

    - À moi, c'est une idée qui me déplairait beaucoup !

    Un petit rire satisfait s'échappa de ses lèvres.

    - Aw, chaton, ne me fais pas ces yeux-là; c'est beaucoup trop craquant~

    Il rit à nouveau en voyant son visage se décomposer. Elle ne s'y attendait visiblement pas. Il lui fit ensuite un sourire... normal. Presque gentil, en fait. Même si elle n'était clairement pas dupe; "Kisshu" et "gentil", ça ne faisait pas 2, ça faisait au moins 50 000 !

    - Soyons sérieux; si tu veux, je peux te montrer la... "douche". Et, évidemment, sans te déranger.

    - ... Quoi, sérieusement ?

    Il haussa les épaules.

    - Pour savoir si je dis la vérité, tu n'as pas d'autre choix que de me faire confiance et de voir, non ? De toutes façons, j'imagine que tu ne comptes pas rester sans te laver pendant tout le temps où tu resteras ici. Ce serait plutôt crade.

    Elle réfléchit un court instant, scrutant les yeux de l'alien à la recherche d'une quelconque preuve d'entourloupe, puis finit par se rendre à l'évidence. Elle n'avait certainement pas envie de ne pas se laver pendant... Pendant allez savoir combien de temps, d'ailleurs. Il faudrait qu'elle lui parle de cette question plus tard. Pour l'heure, elle le suivit docilement jusqu'à la salle contenant le dispositif qui leur servait de douche, et qui était assez différent de ce qu'elle connaissait. Il lui expliqua brièvement comment programmer l'engin, et comment, une fois qu'elle serait entrée dans l'espèce de cabine de douche arrondie et remplie de technologie, le laser antibactérien allait annihiler toute trace de saletés et de bactéries présentes à la surface de son corps, tout en y laissant une odeur de propre, assez éloignée des odeurs chimiques de la plupart des gels douches terriens. Simplement l'odeur de son corps, les odeurs désagréables causées par les bactéries accumulées dans la journée en moins.

    L'idée lui plaisait assez, même si elle lui semblait bizarre. Elle constata que le procédé chatouillait très légèrement, sans pour autant être désagréable ou la faire rire; une sorte de caresse très douce parcourait son corps en même temps que le rayon. Elle ferma les yeux et se surprit à ronronner légèrement. Une fois terminé, elle s'observa dans le miroir et remarqua presque immédiatement que sa peau et ses cheveux semblaient plus beaux que d'habitude. En touchant son bras et une mèche de ses cheveux, elle eut l'impression qu'ils étaient également plus doux... Mais c'était peut-être juste une impression.

    Elle enfila tranquillement les vêtements que Kisshu lui avait donnés avant de quitter la salle, sans même plus se préoccuper du fait qu'il puisse entrer à tout moment; elle se sentait tellement détendue que l'idée ne lui traversa même pas l'esprit. Elle se regarda ensuite à nouveau dans le miroir.

    Sa tenue ressemblait un peu à celle de l'alien. Elle était du même rose que ses cheveux et que son costume de mew mew. Le haut commençait au niveau du cou, et s'y ajustait comme par magie. Une sorte de collier rose foncé bordait donc le bas de son cou, puis laissait place à un tissu rose clair partiellement transparent qui recouvrait l'espace entre son cou et sa poitrine, s'élargissant à mesure qu'il descendait. Au niveau de la poitrine, le tissu devenait complètement opaque et avait la forme d'un bustier, à nouveau comme son costume de mew mew. Une petite pierre en forme de goutte, du même rose foncé que le "collier", ornait le milieu du bustier et tombait entre ses seins. Le bustier était très près du corps, probablement conçu pour le combat et donc pour tenir parfaitement en place, et se terminait un peu avant sa dernière côte. Le tissu partiellement transparent prenait ensuite la relève, partant du milieu de son abdomen et recouvrant ses côtés et son dos, mais laissant son ventre nu. Le pantalon était un peu plus simple, consistant globalement en un pantalon très similaire à celui de Kisshu - en version rose, bien entendu - mis à part qu'il lui tenait parfaitement à la taille et descendait jusqu'à ses chevilles, ne laissant deviner la finesse de ses jambes que lorsqu'elle marchait.

    En guise de chaussures, Kisshu lui avait donné des bottes de pluie, probablement trouvées sur Terre. Elle les regarda avec une expression légèrement dégoûtées; elle n'était pas particulièrement superficielle, mais elle savait que ça n'était pas vraiment en accord avec le reste de la tenue et la ferait paraître plutôt ridicule. Elle finit par les prendre à la main et par retourner à pieds nus jusqu'à la salle principale du vaisseau, où elle trouva sans grande surprise Kisshu, affairé à tripoter quelques boutons par-ci par-là sur une espèce de sphère tactile. Elle se racla la gorge et il se tourna vers elle, un sourire illuminant progressivement son visage à mesure qu'il la détaillait de la tête aux pieds. Il siffla.

    - Ça te va encore mieux que je ne l'espérais, chaton ! Heureusement que ces vêtements de filles traînaient dans le vaisseau.

    Elle s'apprêtait à lui faire une remarque par rapport aux bottes, mais une question lui vint en entendant cette réflexion.

    - ... D'ailleurs, puisque tu es le seul à être venu sur Terre et que tu n'es de toute évidement pas une fille, qu'est-ce que ça faisait là ?

    Il perdit immédiatement son sourire et elle aurait pu jurer voir ses joues prendre une teinte très légèrement rosée. Mais elle l'avait peut-être simplement imaginé. Il ne resta bouche bée que quelques secondes avant de se reprendre, haussant les épaules.

    - Va savoir ! Sûrement quelqu'un qui a eu envie de s'amuser dans le vaisseau avant que je ne parte...

    Elle marmonna.

    - "Quelqu'un", oui...

    Il fit mine de ne pas avoir entendu, amusé par le fait qu'elle soit embarrassée sans raison de l'être.

    - Tu as dis quelque chose ?

    - Non, rien. Je voudrais savoir pourquoi ça

    Elle tendit les bottes de pluie à hauteur de son visage pour qu'il voie de quoi elle parlait.

    - s'est retrouvé dans les vêtements que tu as voulu que je mette.

    - Parce qu'elle sont super sexy, évidemment !

    Elle haussa un sourcil, pas spécialement amusée par la blague.

    - Ne t'en fais pas, tu comprendras bien assez tôt !

    ---

    Elle aurait préféré ne jamais comprendre. Il avait finalement réussi à la faire entrer dans ce tuyau haut de deux bons mètres, dans lequel on n'y voyait pas à un mètre devant soi, même avec une lampe-torche, tellement l'endroit était rempli d'une espèce de vapeur d'eau à l'odeur répugnante qui se comportait comme du brouillard face à la lumière. Elle poussait un petit couinement de dégoût à chaque pas qu'elle faisait, ne voulant même pas savoir sur quoi elle marchait; tout ce qu'elle savait, c'est qu'à chaque pas, elle ressentait une texture molle et gluante, qui s'écrasait légèrement sous ses bottes en faisant des bruits assez dégoûtants. Kisshu, lui, flottait simplement derrière elle, visiblement plus dérangé qu'elle par l'odeur, mais évidemment beaucoup moins par ce qui tapissait le sol. Elle fit un nouveau pas et poussa un cri d'énervement mêlé à du ras-le-bol et se tourna vers lui, les larmes aux yeux, les nerfs à bout.

    - C'est encore loin ? S'il te plaît, dis-moi qu'on y est presque ! J'en peux plus !

    - Encore une centaine de mètres, je pense...

    - Et on en a fait combien jusque là ?

    Elle ne le voyais pas, mais devina un sourire amusé au coin de ses lèvres.

    - À peu près vingt.

    Elle poussa un nouveau cri de désespoir et faillit se laisser tomber à genoux sur le sol, avant de se rappeler ce que son corps heurterait si elle le faisait. Cette pensée lui fit avoir un frisson désagréable dans le dos, et un haut-le-cœur. Il se pencha vers elle, flottant toujours, mettant leurs visages au même niveau et bien trop proche à son goût, avec un grand sourire.

    - Si tu veux, mon offre tient toujours, chaton~

    - C'est ça, dans tes rêves ! J'ai eu le malheur de dire oui avant qu'on n'entre et pendant les trois secondes où tu m'as portée, tes mains ont "malencontreusement glissé" deux fois à des endroits inappropriés !

    Il prit une voix mielleuse, feignant à merveille l'innocence.

    - Aw... Mais comme tu le dis si bien, ce n'était que de malencontreux accidents !

    Mais elle n'était clairement pas dupe. Elle leva les yeux au ciel et se remit à marcher.

    - Ben voyons...

    Après quelques longues minutes de ronchonnements, qui l'amusaient probablement un peu trop, Kisshu poussa à son tour un cri, triomphant.

    - Ah !

    Elle fut tellement surprise de l'entendre "enfin" parler qu'elle trébucha sur son propre pied, comme cela lui arrivait très - trop - souvent, et il la rattrapa de justesse avant que son visage ne heurte la mélasse visqueuse et malodorante faisant office de sol. Il la remit sur ses pieds comme si elle n'avait pas été plus lourde qu'une poupée de chiffon, et après quelques secondes pour se rendre compte de ce qui était arrivé, elle explosa, honteuse.

    - Qu'est-ce que tu as à crier "Ah !" sans raison tout d'un coup ? Tu m'as fait peur, idiot ! À cause de toi, je suis presque tombée tête la première dans-

    - On est arrivés.

    Elle s'arrêta net de parler et le dévisagea, cligna des yeux plusieurs fois, puis lui fit un large sourire.

    - C'est vrai ??

    - Oui !

    - Enfin !!

    Elle lui aurait presque sauté au cou, s'il n'avait pas été lui. Elle aurait presque sauté tout court si elle n'avait pas eu peur de glisser, ou peur qu'une de ses bottes ne reste accrochée dans la mélasse et de se retrouver le pied nu dedans.

    - ... Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait, en fait ?

    Il regarda le capteur qu'il avait précédemment fabriqué, et auquel Ichigo ne comprenait pas grand-chose, avant de lui faire son fameux "sourire façon Kisshu".

    - Maintenant...

    Avant même qu'elle n'ait pu comprendre ce qu'il était en train de faire, leurs lèvres s'effleuraient.

    • Seconde chance ~ Chapitre 2 ♪

    Voilà le second chapitre !

    J'ai décidé de passer l'histoire à la troisième personne parce que j'avais du mal à écrire un Kisshu taquin et légèrement "pervers" à la première personne; je ne sais pas ce qu'il peut bien se passer dans sa tête dans ces moments-là donc il était tout fade et neutre (genre un mélange de Ryo et de Masaya), écrit à la première personne :/

    Désolée pour ceux qui aimaient Kisshu en narrateur, mais il vaut mieux du "il" et un bon Kisshu plutôt que du "je" et un mauvais Kisshu ! Pas vrai ?

    Je sais qu'il y a pas mal de description et que pas grand-chose n'avance dans ce chapitre, mais ne vous en faites pas, on aura bientôt connaissance du super plan de Kisshu, si tout va bien :D

    J'ignore quand j'écrirai le chapitre 3, il faut non seulement que j'aie l'inspiration mais aussi que j'aie le temps, et avoir les deux en même temps est assez compliqué en ce moment. J'espère bientôt, en tous cas !

    Bisous bisous ♥


    1 commentaire
  • Les portes du café s'entrouvrirent, laissant passer la lumière orangée du crépuscule, et elle s'écroula à l'intérieur plus qu'elle n'y entra. Quatre paires d'yeux se tournèrent en direction du bruit sourd qu'avait fait son corps en rencontrant le sol joliment carrelé, la curiosité d'en connaître l'origine très vite remplacée par l'urgence et l'inquiétude. Retasu fut la première à retrouver la parole.

    - Ichigo !

    Elle accourut vers son amie, et les trois autres mimèrent son déplacement, sans avoir réellement intégré ce qu'il venait de se passer.

    - Ichigo ! Est-ce que ça va ?

    - Re... tasu ?

    - Oh mon dieu, Keiichiro, la trousse de secours !

    Le jeune homme, qui s'était accroupi avec elle aux côtés d'Ichigo, se releva immédiatement et fonça vers l'arrière-salle, passant à côté de son ami blond, resté adossé au mur du fond du café, les bras croisés contre son torse et le visage fermé, comme à son habitude. Il se contentait d'observer la scène, les sourcils légèrement froncés.

    Retasu, aidée de Minto, retourna doucement Ichigo afin qu'elle ne fasse pas face au sol, posant au passage la tête de son amie sur ses genoux. La jeune fille-chat était dans ce qu'on pouvait appeler un sale état; elle était couverte de plaies qui avaient laissé de petites entailles dans la robe qu'elle portait déjà la dernière fois qu'elles s'étaient vues, plusieurs jours plus tôt. À première vue, aucune de ses blessures ne semblait profonde, mais son visage était d'une pâleur à rendre jaloux un fantôme, et elle semblait inconsciente ou à deux doigts de l'être.

    Keiichiro revint dans la salle avec la trousse de secours et, à contre cœur, découpa ce qu'il restait du haut de sa robe afin de pouvoir accéder à ses plaies, tandis que Pudding allait rapidement changer le panneau du café d'"Ouvert" à "Fermé" et s'affairait à fermer les portes à clé, évitant l'arrivée impromptue de gêneurs. Heureusement, pour Ichigo comme pour le gentleman qui se trouvait à ses côtés, son soutien-gorge molletonné avait plus ou moins protégé sa poitrine; il avait été un peu déchiré et la petite couche de mousse était apparente, mais au moins, il ne faudrait pas le lui enlever. Elle n'avais pas non plus de blessures en dessous de la taille. Les plaies n'étaient effectivement pas spécialement graves et saignaient à peine, voire pas du tout pour certaines. Il soupira, soulagé.

    - Alors ?

    Minto tentait de sembler stoïque et désintéressée, mais son visage et sa voix ne laissaient aucun doute quant à son inquiétude. Elle avait beau rendre la vie impossible à Ichigo et très souvent la critiquer, c'était en fait la première vraie amie qu'elle avait eue dans sa vie, et elle lui était évidemment très chère.

    - À première vue, rien de trop grave. Elle est probablement exténuée, rien de plus. Je vais quand même désinfecter et panser ses blessures, mais après une bonne nuit de repos, elle devrait aller beaucoup mieux.

    Les trois mew mew poussèrent à leur tour un soupir de soulagement. Ryou, lui, se poussa doucement du mur pour se diriger vers le labo, sans autre changement particulier dans sa posture ou son expression. Retasu le remarqua et le suivit.

    - Shirogane-san...?

    - Hm ?

    Il était déjà arrivé en bas de l'escalier - elle se demanda un instant s'il n'avait pas simplement sauté jusqu'en bas, avant de se dire que c'était impossible, à moins qu'il n'ait été un chat ou quelque chose du genre - et était assis à un bureau, tapotant sur le clavier de l'un des ordinateurs. Elle descendit et se posta debout à côté de lui, un peu en retrait.

    - Tu... Tu n'as pas l'air spécialement heureux qu'Ichigo soit revenue, je me trompe ?

    Elle attendit un peu, mais il ne répondit pas. En fait, rien n'indiquait qu'il l'avait seulement entendue; il continuait simplement à taper sur le clavier, affichant des tas de graphiques et des données auxquelles la jeune fille ne comprenait rien. Elle continua.

    - Pourtant, tu étais vraiment énervé et triste, quand on t'a appris la nouvelle...

    Il n'eut toujours pas de réaction. Elle se mit à jouer nerveusement avec ses doigts et à regarder ses pieds, se demandant si elle ne le dérangeait pas, se disant qu'elle se mêlait très probablement de quelque chose qui ne la regardait pas. Depuis environ la première milliseconde où elle avait aperçu le beau blond, elle n'avait plus eu d'yeux que pour lui, n'avait rêvé que de se rapprocher de lui. Et lorsqu'elle avait vu cette expression sur son visage, pourtant toujours si inexpressif, quelques jours plus tôt, quand il avait appris qu'Ichigo avait été enlevée... Elle avait su que c'était perdu d'avance. Elle n'était pas sûre qu'il s'en soit déjà lui-même rendu compte, mais n'importe quel observateur un minimum attentif et censé aurait pu deviner l'évidence de ses sentiments pour la leader du groupe.

    Cette pensée lui donna envie de pleurer, et tandis qu'elle se mordait la lèvre pour retenir ses larmes, il laissa son clavier tranquille.

    - C'est vrai.

    Il ne s'était pas retourné, mais même sans voir son visage, elle pouvait entendre dans sa voix la tristesse qui s'y trouvait certainement. Trouvant le fait qu'il lui ait répondu encourageant, elle ravala ses larmes comme elle put, puis reprit.

    - Pourquoi est-ce que tu es ici, à travailler, alors qu'elle est en haut, et qu'elle a besoin de soins...?

    - Keiichiro s'en occupe, non ?

    Elle se sentit stupide, rougit légèrement, puis reprit d'une voix tremblotante.

    - Ou-Oui, c'est vrai, mais... Enfin... Elle est... spéciale, pour toi, non...?

    Les larmes refirent leur apparition aux coins de ses yeux, et elle eut envie de mourir ou de devenir assez petite pour se cacher dans un trou de souris lorsqu'il choisit pile ce moment pour faire pivoter son siège et lui faire face. Elle ne bougea plus pendant un instant, retenant même sa respiration sans vraiment s'en rendre compte, priant pour qu'il n'additionne pas 2 et 2 et ne comprenne pas pourquoi elle était triste en parlant de ça. Heureusement, il ne la regardait pas vraiment, fixant pensivement un point invisible en face de lui.

    - Eh bien... Elle est la première à avoir reçu les gênes animaux, et celle dont l'ADN était le plus compatible, donc techniquement la plus puissante de vous, et...

    La jeune fille eut un petit rire nerveux qui ressemblait presque à un sanglot, mais il ne sembla pas le remarquer, trop étonné qu'elle l'interrompe de cette façon. Elle lui fit un petit sourire.

    - Je ne parle pas de ce genre de "spécial"... Shirogane-san, tu tiens à elle, non ?

    Il leva ses yeux bleus vers les siens, la fixant intensément, comme s'il essayait de lire au plus profond d'elle, avant de répondre.

    - Je suppose...

    ---

    Lorsqu'elle entrouvrit les yeux, la lumière de la pièce lui fit affreusement mal à la tête. À moins que la lumière ne soit en rien fautive là-dedans. Elle poussa malgré elle un petit grognement en s'asseyant, certaines de ses plaies se remettant à picoter désagréablement. Elles n'étaient pas profondes, mais elles n'en étaient pas moins douloureuses. Sa vision était encore un peu floue mais redevint assez vite normale, et elle put voir Minto assise juste à côté de son lit, en train de lui tenir la main, le visage rempli d'un soulagement indescriptible, tandis que Ryou se trouvait assis à son bureau, faisant mine de ne pas s'intéresser à elle. Ce fut la plus jeune des trois qui prit la parole en premier, prenant un air offusqué presque théâtral.

    - Qu'est-ce que tu as fait pour te retrouver dans un état pareil ? Est-ce que tu imagines à quel point je-

    Elle se coupa elle-même dans sa phrase, les joues légèrement rouges, avant de reprendre.

    - Je veux dire, à quel point les autres se sont inquiétés ?!

    Ichigo soupira et se laissa retomber dans le lit, le mal de tête étant décidément plus fort lorsqu'elle était assise.

    - Désolée...

    - Oui, ça, j'espère bien que tu l'es ! Mais ça ne répond pas à ma question. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

    Sa dernière phrase avait été bien plus douce et remplie d'inquiétude qu'elle ne l'aurait voulu, mais tant pis. Ichigo ferma les yeux, soupira, puis lui répondit d'une voix un peu endormie.

    - Kisshu... Il m'a emmenée sur Terre pour son fameux "super plan"...

    Elle avait fait une grimace en exagérant volontairement sur ces deux derniers mots.

    - Il voulait qu'on aille dans les égouts pour faire je sais pas quoi... Bref, quand il a eu le dos tourné, j'en ai profité pour l'assommer et m'enfuir.

    Elle fit une nouvelle grimace et ferma les yeux, les protégeant un peu de la lumière, avant de continuer.

    - Enfin, c'était ce que je m'étais imaginé. Le fait est qu'il a le crâne solide. Il est devenu fou de rage et m'a attaquée. J'imagine qu'il avait quand même été sonné par le premier coup, parce que j'ai réussi tant bien que mal à le frapper plusieurs fois et à plus ou moins esquiver ses attaques.

    - Oh, ma pauvre ! Mais... Si tu es ici, ... c'est qu'il est...

    - On s'est battus plutôt longtemps, mais j'ai réussi; il a fini par perdre connaissance. Je...

    Des larmes se formèrent aux coins de ses yeux et sa voix se fit plus faible.

    - Je ne savais pas quoi faire... Je me suis dit que si je me contentais de m'enfuir, il me retrouverait, ou qu'il ferait du mal aux gens que j'aime pour se venger... Alors, je...

    Elle fondit en larmes et sanglota, se rasseyant et se jetant dans les bras de son amie, incapable de continuer. Celle-ci l'y poussa, voulant savoir ce qui la mettait dans un tel état.

    - Tu quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

    - Je... Je l'ai fait couler au fond du lac près duquel on était... Minto ! Je l'ai tué !

    La mew mew bleue la regarda fixement, incrédule, les yeux écarquillés au maximum. Elles savaient toutes que le combat contre les aliens impliquerait probablement la mort de l'un des deux camps, un jour ou l'autre, mais cela leur semblait lointain, presque fictif, et aucune d'entre elles ne s'en était jamais vraiment soucié. Se dire que son amie avait effectivement tué un être vivant, qui était en plus - quoi qu'on puisse en dire - plutôt proche du genre humain... Elle avait du mal à en croire ses oreilles, à réorganiser ses pensées, à savoir quoi dire ou quoi faire pour la consoler. Y avait-il seulement quelque chose à dire ou à faire...?

    Ryou intervint à ce moment.

    - Tu es sûre qu'il est mort ?

    Ichigo s'arrêta de pleurer presque aussi rapidement que si on avait poussé un interrupteur, et leva vers lui des yeux incrédules.

    - Je l'ai fait tomber au fond d'un lac alors qu'il était inconscient, Shirogane !

    - Oui, j'ai entendu, mais qu'est-ce qui nous dit que les aliens ne peuvent pas respirer sous l'eau ?

    Elle cligna des yeux plusieurs fois, réfléchissant à la question.

    - Si... S'il n'était pas mort, il se serait sûrement déjà réveillé, et serait déjà venu me chercher ou vous tuer, ou même les deux... Non...?

    Ce fut au tour du blond de la regarder fixement en réfléchissant.

    - C'est une possibilité, en effet... Mais j'aimerais en avoir le cœur net. Ça te dérangerait de nous amener à ce fameux lac ?

    Minto lui lança un regard noir, et il se reprit rapidement.

    - Enfin, quand tu te sentiras mieux, évidemment...

    Ichigo hocha doucement la tête et se recoucha, face au mur.

    - Au fait, tu comptes squatter mon lit encore longtemps ?

    Il n'eut pas de réponse. Elle était certainement déjà repartie au pays des rêves.

    ---

    Faire semblant de dormir toute la journée, alors qu'elle avait déjà réellement dormi toute la nuit et n'avait plus du tout sommeil, avait été une plaie abominable. Mais elle ne pouvait tout simplement pas leur dire qu'elle allait mieux et se voir forcée de les conduire au fameux lac. C'était tout bonnement impossible. Et elle ne pouvait pas non plus esquisser le moindre geste ou faire quoi que ce soit pour se distraire, puisqu'elle se trouvait dans le lit de Shirogane. Il avait décidé de travailler dans l'ordinateur de sa chambre aujourd'hui, pour pouvoir la surveiller, "au cas où elle irait à nouveau mal ou aurait besoin de quoi que ce soit". Trop gentil...

    Elle était déjà entrée dans la pièce (sans frapper), un matin, et avait pu y découvrir un Ryou plutôt sexy, à moitié nu devant sa fenêtre, le soleil juste derrière lui. Elle savait donc qu'elle s'était réveillée le matin, puisque le soleil montrait le bout de son nez par cette même fenêtre. Il faisait déjà presque noir dehors, et le jeune homme n'avait toujours pas daigné sortir de la chambre une seule fois. À se demander s'il n'était pas un robot, pour ne pas boire, manger ou aller pisser pendant si longtemps ! Elle-même n'avait pas mangé, bu ni ne s'était soulagée de toute la journée, mais son estomac commençait à lui faire mal tant elle avait faim, sa bouche était pâteuse, et sa vessie prête à exploser...

    Tandis qu'elle passait le temps en énumérant mentalement tous les arguments en faveur de "Shirogane est un robot" (et il y en avait pas mal), il se leva enfin, la surprenant tellement qu'elle faillit sursauter. Elle l'entendit ouvrir puis fermer une porte, attendit prudemment, puis comprit qu'il s'agissait de la porte menant vers sa salle de bain lorsqu'elle entendit l'eau de la douche couler.

    Elle se leva du lit et se mit à fouiller la chambre. Même si elle avait toujours été très curieuse - et en particulier envers les secrets de monsieur Shirogane-le-robot-sans-coeur - elle n'aimait pas spécialement ce qu'elle était en train de faire. Elle n'avait simplement pas le choix. Elle se dépêcha de fouiller les tiroirs du bureau et de la table de chevet, les armoires contenant ses vêtements et divers trucs de scientifique qu'il semblait collectionner, regarda rapidement derrière les livres de sa petite bibliothèque, sans succès. Le bruit de la douche s'arrêta, et elle se dépêcha d'aller se recoucher, ayant tout juste le temps de remettre la couette au-dessus d'elle comme si rien n'avait bougé, avant qu'il n'entre dans la pièce - certainement encore une fois à moitié nu, étant donné la délai très court entre l'arrêt de la douche et sa sortie de la salle de bain.

    - Si tu ne dors pas, ne te retourne pas, compris, baka-Ichigo ?

    Elle devina son sourire en coin grâce au ton de sa voix. En temps normal, une remarque comme celle-là l'aurait mise hors d'elle. Pas cette fois. Son cœur rata un battement et elle eut du mal à respirer. Pourquoi "Si tu ne dors pas" ? Savait-il qu'elle ne dormait pas vraiment ? S'il savait, qu'allait-il en penser ? Qu'allait-il en conclure ? Qu'allait-elle bien pouvoir faire ??

    Elle tendit l'oreille à la recherche du moindre indice, et après un moment de silence qui lui sembla durer une éternité, l'entendit marcher vers elle. Elle cessa de respirer, convaincue d'être fichue. Il s'assit sur le lit, contre le bas de son dos, et elle sentit ses doigts effleurer son visage. Elle sursauta légèrement à son toucher, lui tirant un petit rire attendri. Il écarta quelques mèches de ses jolis cheveux roses qui lui cachaient la vue de son visage endormi et alla les glisser délicatement derrière son oreille. Il se surprit lui-même en remarquant le sourire qui se trouvait désormais sur son visage, et remercia vite-fait sa bonne étoile que personne ne puisse le voir.

    - Je vais finir par avoir des cheveux gris prématurément, à force de m'inquiéter pour toi, idiote...

    Un petit rire lui échappa à nouveau, et il se leva du lit. Ichigo recommença enfin à respirer et devint instantanément rouge tomate. Qu'est-ce qui venait de se passer, au juste...? Elle entendit des bruissements, devina qu'il s'habillait, et l'entendit quitter la pièce une seconde fois, se rendant cette fois sur le balcon reliant sa chambre au café. Une voix féminine se fit entendre, mais Ichigo ne comprit pas ce qu'elle disait, puis elle entendit Ryou répondre "Non, elle dort encore."

    Ce qui était certain, c'est qu'il ne la soupçonnait finalement absolument pas d'être réveillée. Jamais de la vie il n'aurait agi de cette façon s'il avait eu le moindre doute ! Ce qui n'était qu'une semi bonne nouvelle. Cela n'enchantait pas Ichigo de mentir à ses amis, mais encore une fois, elle n'avait pas vraiment le choix. Et le pire restait à venir.

    Elle n'arrivait toujours pas à croire que ce qu'il s'était passé était réel. Qu'est-ce que ça signifiait, au juste ? Ryou Shirogane, le robot esclavagiste sans cœur, l'appréciait-il finalement ? Pire, avait-il des sentiments pour elle ? Elle se surprit un instant à ne pas trouver cette idée dégoûtante. C'était même une idée relativement plaisante, en fait... Mais, au-delà du fait qu'elle ait déjà Aoyama, peu importait le genre de sympathie qu'il ressentait pour elle, finalement. Après ce soir, il la détesterait.

    Ils la détesteraient tous...

    • Seconde chance ~ Chapitre 3 ♪

    Voilà le chapitre 3 ! :D

    Je l'ai écrit juste après le 2, et le 4 est prêt aussi. J'ai pré-programmé leur publication puisque j'ai souvent même pas le courage d'allumer l'ordi en semaine quand je rentre de ma formation, haha... Donc, j'annonce; le 4 sort vendredi matin !

    Eh oui, un peu de RxI, ça ne fait pas de mal ! Surtout que si Kisshu est mort (RIP T_T),
    il faut bien que je la case avec quelqu'un, haha :') 

    À votre avis, quelle est cette fameuse chose qu'Ichigo cherche partout ? :p
    Pourquoi pense-t-elle que ses ami(e)s vont la détester ?? :o
    Si vous avez des suppositions, n'hésitez pas, je suis curieuse de savoir ce que vous pensez de tout ça !


    2 commentaires
  • Il faisait nuit. Shirogane été en fait allé chercher un futon (qui se trouvait au labo pour les nuits où Keiichiro et lui suspectaient une attaque et restaient "en veille" près des ordinateurs), et l'avait installé dans sa chambre, presque contre son lit, de façon à ce qu'Ichigo puisse en descendre sans lui marcher dessus. Ses pieds étaient à peu près au niveau du pied du lit, et sa tête vers le mur faisant face à la fenêtre. En somme, dans le sens opposé à celui de la jeune fille.

    Ichigo avait attendu d'être sûre qu'il se soit endormi avant de bouger.  Il s'était couché plutôt tard - en tous cas, c'était ce que son horloge interne lui disait - et elle avait littéralement failli mourir d'ennui (en exagérant à peine). En l'entendant respirer plus fort, légèrement siffler même, par moment, elle supposa qu'il dormait bel et bien. Elle décida de commencer par aller aussi silencieusement que possible jusqu'à la salle de bain. Elle put enfin soulager sa vessie (elle se félicita intérieurement d'avoir tenu bon, eut un petit rire embarrassé puis fut heureuse que personne n'ait connaissance de cette pensée plutôt grotesque) et boire un peu d'eau, hydratant enfin les muqueuses de sa bouche et de sa gorge, remplissant par la même occasion légèrement son estomac qui était devenu de plus en plus douloureux au fil des heures. Elle fouilla ensuite le moindre recoin de la toute petite salle de bain, allant jusqu'à vérifier dans la corbeille à linge sale, mais ne trouva toujours aucune trace de ce qu'elle cherchait. Elle soupira.

    Elle aurait vraiment préféré que ce soit aussi simple; les deux seuls endroits où il pouvait être désormais étaient le labo (mais Keiichiro s'y trouvait peut-être, et si pas, le système de surveillance devait être activé et le moindre orteil posé par-delà la porte du sous-sol ferait retentir une alarme assourdissante dans tout le bâtiment), ou sur Shirogane.

    Elle n'hésita pas plus d'une seconde quant à l'ordre dans lequel procéder; elle allait d'abord vérifier s'il le portait sur lui en tentant de ne pas le réveiller, le labo lui semblant beaucoup plus risqué, sans parler du bordel qui y régnait et qui ne faciliterait pas ses recherches. Oui, il était clairement plus malin de commencer par fouiller le jeune homme, et de risquer de se rendre au labo uniquement si c'était vraiment nécessaire.

    Elle retourna dans la chambre, fermant doucement la porte de la salle de bain derrière elle et attendant d'entendre Shirogane respirer. Lorsqu'elle entendit le très léger ronflement emplir la pièce, elle relâcha son souffle - qu'elle n'avait pas remarqué qu'elle retenait - et se détendit un peu. Elle marcha doucement vers lui, faisant attention à ne pas faire le moindre bruit et à ne pas se cogner ou se prendre les pieds dans quoi que ce soit. Heureusement, la lune était pleine cette nuit, et donnait pile-poil sur la fenêtre de la chambre, illuminant la pièce d'une légère lumière blanchâtre. Arrivée à son niveau, elle s'agenouilla à côté de lui et tenta de rassembler son courage, les joues déjà cramoisies.

    Elle souleva très légèrement la fine couverture qui le recouvrait et la tira jusqu'à ses genoux, le faisant frissonner et pousser un petit grognement dans son sommeil. Elle retint son souffle, attendant de voir s'il se réveillait ou non, mais heureusement pour elle, jusque là, tout allait bien. Il portait un T-shirt blanc ou gris, et un short ou un caleçon assez ample, plus foncé - probablement noir, ou bleu marine. Elle rougit encore plus, et entreprit de tâter très doucement son possible short, à la recherche de poches. Étant donné la matière, c'était un caleçon, aussi put-elle très vite arrêter de chipoter inutilement par là, à son grand soulagement. Elle effleura son torse à la recherche d'une éventuelle poche sur son T-shirt, toujours sans résultat (mis à part des joues encore plus rouges). Elle se surprit néanmoins à apprécier passer le bout de ses doigts contre le tissu chaud, sentant la fermeté de ses muscles, sa cage thoracique se lever et se baisser de façon lente et régulière avec sa respiration, ainsi que les battements de son cœur.

    C'était étonnamment relaxant, et elle ne remarqua que lorsqu'il ouvrit ses grands yeux bleus qu'elle était en train de ronronner tout en caressant son T-shirt depuis - depuis combien de temps, d'ailleurs ? Elle resta figée quelques secondes, paniquée, avant de retirer sa main, qu'il attrapa au vol.

    - Qu'est-ce que tu fais ?

    Sa voix et son visage (qu'elle ne discernait pas très bien dans l'obscurité) endormis firent accélérer légèrement son cœur, des papillons s'invitant dans son estomac. Ça n'était pourtant pas le moment d'être impressionnée; qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir lui raconter ?!

    - Euh... Je... euh...

    Il la fixait sans cligner des yeux, presque comme s'il pensait qu'elle allait disparaître au moindre battement de paupières. Elle aurait vraiment adoré que ce soit possible... Il s'assit sur le matelas du futon, sans cesser de la regarder, et elle suivit son visage, désormais un peu plus haut que le sien. Les papillons dans son estomac s'agitèrent davantage.

    - Tu as besoin de quelque chose ?

    Son cœur rata un battement. Elle avala difficilement sa salive. Elle avait tellement envie de lui dire la vérité... Mais elle savait ce qu'il se passerait si elle le faisait. Il remarqua le conflit interne qui la secouait - sans savoir de quoi il s'agissait, bien entendu - et tenta de prendre une voix compatissante, même si ça n'était pas trop son fort.

    - Ça ne va pas, Ichigo ?

    - Je... Si... Ça va...

    - Qu'est-ce que tu fais par terre, alors ?

    - Euh... Je...

    Elle vit dans ses yeux que, la fatigue n'aidant probablement pas, sa patience arrivait plus ou moins à bout. Elle l'avait déjà vu un tas de fois dans son regard, et elle-même n'était pas spécialement patiente, donc elle connaissait bien ce sentiment d'énervement qui bouillonnait à l'intérieur et finissait par déborder en quelques secondes à peine. Habituellement, cela donnait lieu à des disputes mémorables et à des paris entre les autres membres du groupe, sur lequel des deux crierait le plus fort ou aurait le dernier mot, par exemple. Mais ce soir, elle ne pouvait pas laisser ça arriver. Elle fit simplement la première chose à laquelle son cerveau - pas toujours futé - put penser. Il écarquilla les yeux et se raidit, choqué. Il s'attendait à peu près à tout, venant d'elle...

    Sauf à ce qu'elle l'embrasse.

    Il ne savait pas quoi faire. En fait, il n'avait jamais embrassé personne, avant cet instant... Était-il censé "répondre à son baiser" ? Si oui, comment était-il supposé s'y prendre ? Et s'il faisait n'importe quoi ? S'il se rendait ridicule, il était sûr qu'elle ne se priverait pas pour le lui rappeler toute sa vie, à chaque fois qu'il tenterait de se moquer d'elle... Et puis, il l'aimait bien, c'était certain. Peut-être même un peu plus que "bien". Il la trouvait jolie et appréciait sa compagnie, même s'il ne le lui montrait pas forcément toujours. Elle était un peu idiote sur les bords, mais c'était quelque chose qui l'amusait beaucoup et qu'il appréciait chez elle... Cependant, était-il pour autant amoureux d'elle ? Il ne connaissait déjà pas grand-chose à l'amitié, mais alors à l'amour...

    Il jura intérieurement lorsqu'elle recula son visage, rompant le baiser, et qu'il remarqua qu'au lieu de profiter du moment ou de faire quelque chose - peu importe quoi, n'importe quoi - il avait simplement, comme à son habitude, tenté de penser, de rationaliser, d'évaluer les risques s'il agissait et ceux s'il n'agissait pas, ... Bref, il avait encore fait son Ryou. Elle était vraiment magnifique, éclairée ainsi par la lune, et cet air embarrassé sur son visage - ses yeux qui tentaient de le regarder mais le fuyaient, ses joues délicieusement rouges, la façon dont elle tentait de trouver un meilleur appui sur ses genoux, se trémoussant légèrement - lui allait à la perfection.

    Son cœur rata un battement lorsqu'il prit conscience qu'une fille comme elle venait tout juste de montrer de l'intérêt sentimental envers lui, qui n'avait pour lui que son cerveau (tout du moins le pensait-il), et toutes les questions qui avaient pollué son cerveau jusque là s'évaporèrent tandis qu'il se penchait à son tour vers elle, posant timidement ses lèvres contre les siennes. Elle parut, à son tour, un peu étonnée, mais se détendit assez rapidement, rendant le baiser un peu moins timide, un peu moins hésitant.

    Elle ferma les yeux, et il l'imita, appréciant cette fois pleinement la sensation de pur délice qui parcourait tout son corps alors que leurs lèvres dansaient et jouaient ensemble. Il aurait pu être tenté de comparer ce ressenti à un courant électrique, et de souligner l'ironie de cette comparaison avec la façon dont circulaient les signaux nerveux à travers le corps humain, mais il laissa bien vite ces pensées scientifiques de côté pour se concentrer sur ce qui importait à ce moment-là: la jeune fille qui était en train de s'approcher de lui et d'enrouler ses bras autour de son cou, le forçant à appuyer son dos contre le bord de son lit, donnant une dimension un rien plus fougueuse à l'étreinte de leurs bouches.

    Il remarqua avec un soulagement non-négligeable que, sans avoir à réfléchir, ses lèvres bougeaient instinctivement en harmonie avec les siennes. Elle laissa échapper par le nez une espèce de gémissement soupiré, qu'il interpréta comme une preuve qu'elle se sentait bien, le souffle chaud venant caresser doucement sa joue. Il se rendit compte que ses mains avaient trouvé d'elles-mêmes le chemin vers le dos d'Ichigo, qu'il caressait doucement, tandis qu'elle semblait prendre un malin plaisir à lui ébouriffer les cheveux en y passant encore et encore ses doigts emplis de tendresse.

    Il se demanda un instant s'il était possible de se sentir mieux que cela. Il était tellement détendu, appréciant la sensation de son cœur qui battait à tout rompre, l'odeur d'Ichigo qui l'enveloppait complètement et lui faisait tourner la tête, la sensation de la toucher, la sensation d'être touché par elle, tous les sentiments qui le submergeaient d'un seul coup alors qu'il ne les avait jamais ressentis ni n'avait ne serait-ce qu'eu connaissance de leur existence... Il se sentait tout simplement bien. Vraiment bien, pour la première fois depuis si longtemps...

    Elle finit par écarter son visage, et ils prirent simultanément une grande inspiration, réalisant seulement à l'instant que le souffle leur avait cruellement manqué. Elle lui caressait doucement la joue, haletante, son autre main posée négligemment contre le cœur du jeune homme. Il battait si vite, si fort... Il la regardait avec des yeux si doux. Si amoureux. S'il avait subsisté en elle la moindre interrogation quant à ses sentiments après cette séance de tendresse, ses yeux y donnaient très clairement toutes les réponses.

    Il leva une main en direction de la joue de la jeune fille, mais elle se recula vivement à la seconde où il la toucha, cessant par la même occasion tout contact physique avec lui. Il vit quelque chose passer dans ses yeux - de la culpabilité ? Possible. Après tout, elle était censée être en couple avec ce "Masaya" dont elle n'arrêtait pas de parler... Il avait envie de lui demander ce qu'elle comptait faire à son sujet. De savoir s'il pouvait espérer l'appeler un jour sa petite amie, ou si tout cela n'avait été, selon elle, qu'une grossière erreur - ce qui était tout l'opposé de son avis et lui déplairait fortement, mais il savait que c'était possible. Avant qu'il n'ait pu trouver une façon de lui poser la question, elle lui répondit de façon plutôt éloquente.

    - Je suis désolée...

    Elle se leva et quitta la pièce, le laissant seul. Il fixa pendant un long moment la porte qu'elle avait laissée entrouverte derrière son passage, sans bouger, l'esprit vide et le cœur serré.

    ---

    Elle avait descendu les escaliers aussi vite que possible, se fichant désormais de faire du bruit. Keiichiro, qui venait apparemment de se faire un thé dans la cuisine, l'interpella pour savoir ce qui la pressait tant, mais elle l'ignora et courut d'autant plus vite hors du café. Elle se rendit immédiatement compte que sa tenue - un short et un T-shirt de Shirogane, ni plus ni moins - n'était pas tout-à-fait adaptée au climat extérieur. Elle continua à courir jusqu'à ne plus entendre Akasaka crier son nom depuis les portes du café, et s'adossa au premier arbre qu'elle vit. Ses larmes avaient commencé à couler à l'instant où elle s'était levée, sans vouloir s'arrêter. Elle se laissa glisser le long du tronc et les laissa sortir librement, sanglotant aussi silencieusement que possible, et pourtant le parc complètement désert lui renvoyait l'écho de ses pleurs.

    Elle ignorait combien de temps avait passé. Elle s'en fichait. Elle avait fini par arrêter de pleurer, et se contentait de fixer la pelouse qui se trouvait devant ses pieds, enlaçant ses jambes contre elle, à la fois pour se consoler et pour se réchauffer. Elle reniflait par moment, quelques larmes trouvant toujours le chemin de ses yeux à ses joues, venant tremper encore un peu plus le col de son T-shirt où beaucoup d'autres avaient déjà terminé leur course. En un petit bruissement d'air, il se trouvait devant elle. Elle ne prit pas la peine de lever les yeux vers lui, et il aurait presque pu se demander si elle l'avait remarqué... s'il ne savait pas déjà qu'elle l'ignorait sciemment. Lui demander - enfin, ordonner - de trahir ses amis, la menacer de tuer n'importe lequel de ses proches si elle ne le faisait pas, ... ça n'était évidemment pas ce qu'il y avait de mieux à faire pour qu'elle l'apprécie. Mais son but actuel n'était pas qu'elle l'apprécie.

    Il lui tendit la main et elle daigna lever ses jolis yeux remplis de larmes et de mépris vers lui, uniquement pour froncer les sourcils et tourner vivement la tête, lui montrant cette fois ouvertement la haine qu'elle lui portait.

    - Je sais que tu es fâchée, chaton... Mais tu ne vas quand même pas rester ici, à trembler de froid toute la nuit ?

    - Et si j'en ai envie ?

    Cette remarque le fit sourire, même si le cœur n'y était pas vraiment. Il n'aimait pas la voir comme ça.

    - On sait tous les deux que tu n'en as pas envie.

    - J'ai ce que tu voulais. Mais je ne te le donnerai que si tu me libères.

    - Ça ne marche pas comme ça. Tu dois faire ce que je te dis de faire, c'est ce qu'on a convenu.

    Elle tourna son visage vers le sien, se mettant soudainement à hurler.

    - Et alors quoi ? Je suis censée être ton chien jusqu'à la fin de mes jours ?!

    - Tu es un chat, chaton.

    - On s'en fiche ! Jusqu'à quand est-ce que je vais devoir t'obéir ? Tu comptes vraiment menacer la vie de mes amis et de ma famille jusqu'à ma mort ?!

    Ce fut à son tour de détourner le regard. Il savait que ça n'était pas juste. Il savait qu'il lui faisait du mal. Il savait aussi bien qu'elle, même peut-être mieux, que quelque part dans cette ville, ses parents étaient morts d'inquiétude pour elle. Que ses amis s'inquiétaient également. Que sa relation avec le blondinet ne serait certainement plus jamais la même. Tout ça lui importait assez peu, à dire vrai, mais il savait que c'était important pour elle.

    Et il n'avait pas la réponse à sa question.

    Comprenant qu'il ne comptait pas - ou ne saurait pas, peu importe - lui répondre, elle se leva en poussant un soupir exaspéré. Elle croisa les bras, regarda ailleurs et le laissa la prendre dans ses bras, uniquement le temps de la téléportation.

    Aussitôt arrivés dans le vaisseau, elle l'avait repoussé loin d'elle et était partie dans "sa chambre", sans un mot ni un regard. Il la regarda partir au loin et serra les poings, se mordant la lèvre inférieure. Pourquoi fallait-il qu'il fasse tout de travers avec elle ? Il aurait tellement aimé pouvoir être gentil. Pouvoir ne pas la forcer à participer à son plan. Pouvoir éviter tout ce chantage. Mais peu importe à quel point il le voulait, tout ça était impossible. Il ne pouvait décemment pas faire passer ses sentiments pour elle avant la vie de tout son peuple, et ce plan était la seule façon qu'il avait trouvée pour que son peuple et Ichigo puissent vivre. Même si elle ne vivrait certainement pas avec lui... il fallait qu'elle vive.

    Fatigué de l'avoir surveillée continuellement durant les deux derniers jours, il se rendit dans sa chambre et s'endormit aussitôt que son corps eut heurté le matelas.

    ---

    Il fut réveillé en sursaut par un bruit de fracas infernal, et sans réfléchir, se dépêcha de suivre l'endroit d'où le bruit provenait. Il s'agissait de la petite salle faisant office de mini-laboratoire, où Ichigo était en train de très énergiquement casser tout ce qui était cassable. Il resta un instant à l'entrée de la pièce, la regardant se défouler et prenant la mesure de l'étendue des dégâts, dont il se fichait finalement pas mal. Il ne savait pas quoi dire ni quoi faire pour la calmer. Il avait l'impression que si le moindre son sortait de sa bouche, ça ne réussirait qu'à l'énerver encore plus. C'était d'ailleurs probablement plus qu'une simple impression... Il la regarda faire sans même qu'elle ne remarque sa présence pendant plusieurs minutes, se demandant comment réagir, jusqu'à ce qu'elle saisisse une boîte en particulier. Il se téléporta immédiatement derrière elle et lui prit le coffret  en bois des mains. Elle se retourna vers lui, son joli visage déformé par la colère.

    - Donne-moi ça !

    - Pas question, chaton. Si tu le casses, notre sortie des plus agréables dans les égouts n'aura servi à rien !

    Ha. La fameuse "sortie dans les égouts"...

    ---

    Elle s'était brutalement reculée, ne s'attendant vraiment pas à ce qu'il l'embrasse, et avait failli tomber en arrière. Il l'avait rattrapée et serrée dans ses bras, "pour qu'elle ne perde plus l'équilibre", avait-il ajouté en riant. Cela l'avait mise hors d'elle, et tandis qu'elle se débattait et s'apprêtait à l'insulter et à le menacer pour qu'il la lâche, levant les poings pour frapper son torse de tout sa (petite) force, elle remarqua que ses mains étaient entouré d'un halo lumineux bleuté. En regardant mieux, elle remarqua que c'était même le cas de tout son corps. Elle leva des yeux intrigués et apeurés vers lui, et il se contenta de lui sourire.

    - C'est normal. C'est pour ça qu'on est ici.

    - Attends, tu... Tu m'as amenée ici pour me montrer que je deviens fluorescente quand tu m'embrasses ? Tu ne pouvais pas choisir un endroit sombre un peu plus romantique, au moins ?!

    Il se contenta de rire. Elle ne trouvait pas ça drôle. Elle ne comprenait pas, et ça l'énervait. Tout à coup, le tunnel s'illumina d'une lueur bleutée, exactement comme son corps. Kisshu la lâcha enfin et elle se retourna, faisant face à une sorte de boule de lumière bleue qui flottait à peu près à la hauteur de sa poitrine, à un mètre d'elle environ. Elle se trouva étonnamment captivée par sa lueur. C'était comme si l'intérieur de la sphère était liquide, sa lumière dansant doucement, comme de l'eau à l'intérieur d'une bouteille qu'on viendrait de secouer. Elle tendit la main vers la boule de lumière, et Kisshu la stoppa, attrapant son avant-bras et la tirant de sa rêverie. Elle regarda immédiatement dans sa direction, interloquée.

    - Évite de le toucher.

    - Qu'est-ce que c'est ?

    - On appelle ça un cristal d'eau bleue. Pour faire court, c'est une eau extrêmement pure, qui se trouvait sur Terre au commencement du développement des premières formes de vie. Elle s'est cristallisée et a donc pu garder les propriétés miraculeuse qu'elle avait à l'époque.

    - Oh...

    Elle ne comprenait pas vraiment et ne voyait pas à quoi ça pouvait bien servir, mais ça lui était égal pour le moment. Elle reporta son regard vers le cristal, captivée par sa beauté. Il saisit la petite sphère, et elle lui lança un regard mécontent.

    - Tu m'as dit de ne pas la toucher, non ?

    - Toi, tu ne peux pas la toucher, mais moi, je peux.

    - Pourquoi ?!

    Il ne put s'empêcher de rire en voyant à quel point elle se fâchait pour si peu.

    - Parce que toi, chaton, tu as un cœur extrêmement pur, qui attire cette petite chose-là. Si tu la touchais, ton cœur l'accueillerait, et je ne pourrais plus l'atteindre, et donc plus l'utiliser. Or, j'ai besoin de pouvoir l'utiliser. Tu comprends ?

    Elle hocha vaguement la tête, ne cherchant pas vraiment à comprendre, les joues légèrement rosées à cause de la mention de son "cœur pur"... Kisshu était peut-être un alien pervers et plutôt rustre par moment, mais il savait aussi la faire se sentir spéciale, et c'était quelque chose qu'elle ne dépréciait pas complètement chez lui.

    ---

    Ichigo sourit méchamment, et il grimaça pendant une fraction de seconde, se disant que ça ne lui allait pas du tout.

    - C'est donc là que tu le cachais ! Je crois me souvenir que tu ne voulais pas que je le touche, pas vrai ?

    Un éclair passa dans ses yeux dorés et son ton se durcit.

    - Ne pense même pas à retrouver cette boîte et à le toucher juste pour m'ennuyer, Ichigo. C'est très sérieux, ce n'est pas un jouet.

    Elle fut très légèrement décontenancée par le fait qu'il l'appelle par son prénom - elle avait remarqué qu'il ne le faisait que quand il était vraiment, vraiment sérieux, ce qui lui faisait toujours un peu peur - mais garda les idées claires... enfin, aussi claires qu'elles ne l'étaient avant qu'il ne l'appelle pas son prénom, en tous cas. Elle recula, quelques débris craquant sous ses pieds, et ramassa un assez gros morceau de verre brisé qu'elle porta à son cou. Il écarquilla les yeux.

    - Qu'est-ce que tu fais ?

    Ses jolis yeux roses devinrent humides, et sa voix se mit à trembler.

    - J'en ai assez ! Je n'ai aucune envie de devoir obéir à tes ordres jusqu'à la fin de ma vie, ni de devoir faire encore du mal à mes amis ! Je ne veux plus que tu te serves de moi pour faire je ne sais quoi avec ce cristal machin-chouette ! Et puisque tu ne sembles pas décidé à me laisser tranquille, il ne me reste plus qu'à faire en sorte que ça arrive !

    Il était abasourdi. Il savait qu'elle n'était pas heureuse de sa situation actuelle, mais de là à... Elle resserra sa prise sur le morceau de verre et un léger filet rouge partant de l'intérieur de sa main glissa sur son poignet, jusqu'à son coude, avant de goutter par terre. Elle ferma les yeux aussi fort que possible, le verre traçant une légère trace rouge sur le côté de son cou, et il attrapa instinctivement son poignet, le serrant fort, tellement fort qu'elle en lâcha immédiatement son arme improvisée. Elle rouvrit les yeux, énervée, prête à lui crier dessus, mais il la devança, encore plus en colère qu'elle.

    - Tu es folle ? Tu crois sérieusement que je vais te laisser mourir, après tout ce que j'ai fait pour que tu puisses vivre ?!

    Elle recula d'un pas, effrayée, son poignet toujours écrasé par la main de Kisshu. Elle réalisa à cet instant qu'elle ne l'avait jamais vu énervé, et que même s'il l'impressionnait toujours lors des combats, de par ses pouvoirs et sa force surnaturels, il ne lui avait jamais vraiment fait peur jusque là. Elle tenta cependant de ne pas se démonter.

    - Qu... Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu es censé nous tuer depuis le début, et je ne compte plus le nombre de fois où tu as failli le faire !

    - Oui, justement; failli ! Est-ce que tu comptes le nombre de fois où je t'ai volontairement laissée en vie ?

    Elle fronça les sourcils, contrariée; elle avait beau réfléchir, elle n'arrivait pas à se souvenir de ce genre de moments... Évidemment, il y avait les fois où il avait préféré flirter avec elle plutôt que de la combattre, mais est-ce que ça comptait vraiment ? Il se mordit la langue en réalisant que la plupart de ces moments dont il était en train de parler n'étaient pas encore arrivés, pour elle. En fait, à ce moment de la bataille, ils ne s'étaient pas encore vus si souvent que ça... Et il se souvenait très clairement du moment où elle avait commencé à lui plaire. C'était un peu plus tard que le moment où il était revenu dans le temps, lors du combat sous le cerisier. Il n'avait donc techniquement pas encore commencé à la protéger... Ou en tous cas, pas consciemment. Cependant, voyant qu'elle était troublée par cette déclaration, que ça pouvait fonctionner, il décida de continuer sur cette lancée. Après tout, même si ça n'était pas arrivé dans cette timeline, c'était réellement arrivé, pour lui. Il prit une grande inspiration et expira lentement, tentant de se détendre, de calmer son cœur qui avait failli s'arrêter en la voyant prendre ce bout de verre, et fit son possible pour adoucir sa voix et son visage avant de reprendre.

    - Je sais que ça peut sembler complètement bizarre et stupide, et je sais que tu ne vas probablement pas me croire, mais si je fais tout ça, c'est pour toi, Ichigo...

    Ses sourcils se froncèrent davantage, ses pupilles félines rétractées en deux fins traits menaçants, sa voix rendue presque rauque par la rage.

    - Effectivement, c'est stupide, et je ne te crois pas. Tu me fais faire du mal à mes amis, tu m'obliges à vivre ici, loin des gens que j'aime et avec toi, et tu le fais "pour moi" ?

    Un petit rire sarcastique empli de mépris échappa à ses jolies lèvres. Il soupira.

    - Je sais... Mais... C'est la seule façon que j'ai trouvée pour ne pas te tuer. Ni toi, ni tes amis. Si ce plan arrive à son terme, personne n'aura à mourir...

    Elle leva les yeux au ciel, exaspérée.

    - Tu n'arrêtes pas de répéter ça, mais tu ne m'as toujours pas parlé de ce fameux plan dont tu es si fier ! Comment je suis censée te croire ou comprendre où tu veux en venir dans ces conditions ?!

    Il plongea son regard dans le sien, et ni l'un ni l'autre ne bronchèrent pendant un long moment. Elle gardait une attitude mi-défensive, mi-menaçante - bien qu'elle soit évidemment loin d'effrayer Kisshu, qui trouvait ça plus adorable qu'autre chose. Il aimait cette assurance qu'elle arborait malgré sa faiblesse et sa fragilité. Après de longues minutes, il finit par soupirer, levant les mains, s'avouant vaincu.

    - Très bien. Je vais te dire en quoi il consiste...

    • Seconde chance ~ Chapitre 4 ♪

    Voilà le chapitre 4 ! L'histoire progresse petit à petit ! :3

    J'espère que les petits "sauts temporels" ne vous perturbent pas trop...
    J'me suis dit que c'était une façon d'écrire plutôt adaptée au thème de cette fiction, héhé ♪

    Désolée à ceux qui n'aiment pas trop la narration;
    faut dire que dans la partie avec Ryou, les bouches des persos étaient un peu... occupées. :p

    Vous attendiez-vous à tout ça ? Des choses vous ont-elles surpris ? Soulagées que Kisshu ne soit pas réellement mort, ou peut-être déçues que ça ne tourne pas en RxI (pour l'instant en tous cas; après, on sait jamais...) ?

    Quelle est cette fameuse chose qu'Ichigo a volé à Ryou lors de leur... petit câlin ? :D

    Et surtout: quel est ce foutu plan dont Kisshu n'arrête pas de parler depuis le prologue, bon sang ?! °^°

    La réponse (peut-être ?) dans le prochain chapitre~

    N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé,
    et à me faire part de vos hypothèses ♥


    3 commentaires