• • Oneshot ♪ Kowai... ~

    C'était enfin les vacances. Les vacances d'été... Les Grandes Vacances, comme on les appelle. Ichigo était si heureuse d'enfin pouvoir dire bye bye au collège ! Pas de façon définitive, malheureusement, mais pour deux longs mois tout de même. Au tout début des vacances, elle s'était rendue à une convention sur l'écologie avec Aoyama. Ca ne l'avait pas intéressée plus que ça et lui avait coûté 3 mois de salaire, mais elle avait pu rester deux jours entiers avec lui, alors elle était bien heureuse de s'y être rendue ! Elle était ensuite restée une semaine seule chez elle; elle avait eu droit à un congé de la part de Ryo pour les vacances -comme chaque mew mew, mais pas en même temps bien sûr- et ses parents avaient décidé de partir en voyage pour leurs 15 ans de mariage. Rien de bien particulier ne s'était passé durant cette période; elle n'était pas sortie une seule fois (il n'y avait rien à faire ni personne à voir dehors... et il faisait étouffant). Elle était restée collée à son écran d'ordinateur, chantant, écrivant parfois, se rendant sur des forums... Ses parents étaient à nouveau là, sans que rien ne se soit passé.

    Peu de temps après, Sakura (sa mère) reçut un appel d'Hokkaido. Apparemment, la grand-mère d'Ichigo avait eu un petit problème de santé... Pas très grave, mais qui l'obligeait à être assistée par quelqu'un pendant 2 à 3 semaines. Elle s'y était rendue seule; son mari aurait voulu l'accompagner, mais Ichigo ne pouvait pas rester seule chez eux pendant aussi longtemps. L'abandonner 7 petits jours lui avait déjà paru horrible, alors il n'était pas question pour lui de s'absenter 3 longues semaines.


    C'est deux nuit plus tard que notre histoire commence.


    Ichigo était restée sur son ordinateur jusqu'à 3h du matin. Elle se décalait toujours du reste du monde pendant les vacances, mais cette fois-ci, elle s'était promis de diminuer son décalage; pas question de dormir de 8 à 17h comme l'année précédente ! Elle avait réussi à s'y tenir jusque là, et en était particulièrement fière... Elle alla donc se coucher après avoir éteint son ordinateur portable et l'avoir rangé, comme toujours, sur une étagère. Elle n'avait pas beaucoup pris soin de sa chambre dernièrement, ses affaires étaient étalées un peu partout dans son lit et sur le sol, au point qu'on n'arrivait presque plus à faire un pas sans écraser quelque chose... Elle saisit le livre qu'elle avait laissé sur son lit plus tôt et le posa au-dessus de l'ordinateur. Geste anodin, ...et pourtant...

    Elle ouvrit doucement les yeux. La lumière de sa chambre était allumée... Et un inconnu se tenait dans l'entrebâillement de la porte. Elle était encore endormie, referma simplement les yeux. L'inconnu s'en alla, puis revint. Elle rouvrit les yeux. Ne réagit pas. Finit par se relever légèrement... L'inconnu était plutôt grand. C'était un homme... La pigmentation de sa peau laissait supposer que ses origines n'étaient pas nordistes. Elle avait toujours l'esprit embrumé, se demanda si c'était un ami de son père... Et si c'était le cas, ce qu'il venait faire dans sa chambre.

    - Si tu parles... Je te tue !, lui lança-t-il tout bas en s'approchant du lit.

    Elle le regarda avec un air incrédule. La tuer ? Mouais... Elle leva un sourcil, de manière à ce qu'il remarque qu'elle ne le prenait pas au sérieux. Il répéta.

    - Si tu parles, je te tue !

    Elle ne releva pas. Elle continua à le regarder. Elle avait presque envie de se recoucher et de l'ignorer, mais s'il menaçait de la tuer, c'est qu'il n'était pas tout-à-fait un ami. Et elle n'avait aucune envie qu'on lui vole ses affaires ou quoi que ce soit. Elle resta simplement sans bouger, un regard inexpressif dans ses jolis yeux.

    - J'ai pas envie de te faire du mal tu sais. Surtout que tu es petite... Tu dois savoir où tes parents cachent leur argent ?, lui demanda-t-il.

    Elle sourit intérieurement; il voulait la tuer, mais ne voulait pas lui faire de mal ?

    - Y'a pas d'argent dans la maison.
    - Si, si y'a de l'argent et tu vas me dire où !
    - A la banque.
    - Non, y'a de l'argent ici !
    - Non. Y'en a pas. On garde tout à la banque parce que ça nous sert à rien d'en avoir dans la maison.
    - Je plaisante pas, en bas y'a plein plein de gens, ils ont des fusils, et si tu dis pas où est l'argent, ils te tuent !

    Joignant le geste à la parole, il mima un revolver avec sa main, la pointant vers Ichigo, qui retint un soupir d'exaspération.

    - Puisque je vous dis que y'a pas d'argent...
    - Bon, lui fit-il. Lève-toi et tu descends avec moi.

    Ichigo obtempéra lentement, après lui avoir enlevé des mains son portable qu'il avait prit de sa table de nuit, sous le regard étonné de l'homme qui n'avait pas opposé de résistance. Elle sortit de son lit et, machinalement, chaussa ses chaussons... Toujours sous le regard étonné du cambrioleur. Elle ne se rendit compte qu'après-coup que c'était vraiment stupide, de mettre ces chaussons dans une telle situation... Elle se sentait extrêmement sereine. Peut-être à cause de la fatigue -il n'était que 5 heures-, peut-être parce qu'elle n'y croyait pas trop, peut-être parce que cet homme était ridicule... Peut-être aussi était-elle trop stupide pour avoir peur. Toujours fut-il qu'elle ne paniqua pas. Il descendit devant elle dans les escaliers. Encore une fois, il était idiot, puisqu'elle aurait -si elle y avait pensé- très bien pu lui donner un coup dans le dos pour le faire tomber et ainsi, avoir le temps d'appeler la police ou de réveiller son père.

    Ils arrivèrent en bas. Elle se souvint que son père avait décidé de dormir dans le salon; être dans sa chambre sans sa mère serait apparemment trop dur pour lui. C'était une bonne chose, Ichigo envisageait un moyen de se débarrasser de ce gars qui s'était cru tout permis... en effet, la maison était presque sans dessus dessous. Les tiroirs étaient ouverts, avaient été fouillés, les armoires également, tous les sacs aussi, bref, un vrai bazar.

    - Excusez-moi... Ils sont où vos amis avec les pistolets ?, demanda innocemment Ichigo, qui avait très envie de rire.
    - Ils sont dehors, à la porte, et si tu me dis pas où est l'argent, ils vont te tuer !
    - Ah... Bah pourquoi ils viennent pas ?, continua-t-elle sur le même ton, se disant qu'il la prenait vraiment pour une grosse conne...
    - Cht, fit-il pour qu'elle se taise. Parle tout bas. Allez, montre-moi où est l'argent !
    - Y'a pas d'argent...
    - Si. Si, y'a de l'argent. Viens, on va chercher à deux !

    Il commença à chercher dans un tiroir encore inexploré.

    - Là, y'a que des bougies et de l'encens..., fit Ichigo sans bouger.

    Elle voulait l'énerver. Pour qu'il parle fort, et avec un peu de chance, réveille son père, endormi à quelques mètres à peine... Il ouvrit le tiroir d'en dessous.

    - Et là, c'est du matériel scolaire et des outils de dessin...

    L'homme se tourna vers elle, visiblement irrité, et ayant apparemment renoncé à chercher par lui-même.

    - Bon, tu t'assieds là et tu te tais !, lui ordonna-t-il en désignant un coin de la pièce.

    Elle obtempéra sans rien dire et attendit. Encore une fois, elle rata une occasion; il était entré au bord de la cave, sur l'espèce de petit palier qui se trouvait juste avant le vieil escalier. Elle aurait pu simplement fermer la porte ou le fait tomber, puis réveiller rapidement son père... Au lieu de ça, elle ne bougea pas, attendant qu'il en ait assez. Son projet de le faire s'énerver et parler fort était vain, en y repensant; son père dormait avec des boules Quies puisqu'il avait le sommeil très léger, alors il ne broncherait pas même si un bulldozer était en train de détruire la maison. Elle regarda sa montre. 6 heures... Déjà... Elle était fatiguée et n'avait pas du tout envie de continuer à jouer avec cet abruti. Il revint vers elle, allumant la lumière du salon en essayant divers interrupteurs.

    - Tu es toute seule chez toi ?
    - Non, y'a mon père.
    - Et il est où ?
    - Bah, il dort. Vous voulez qu'il fasse quoi à une heure pareille ?

    Il s'accroupit devant elle.

    - Tu sais, moi, j'ai pas du tout envie de faire tout ça. Les gens dehors, ils ont enlevé ma mère, et ils vont la tuer si je ramène pas 500€... Tu comprends ?

    Il se mit à pleurer. Ou presque. Son petit numéro aurait pu être crédible s'il n'avait pas eu à faire à Ichigo; faire semblant de pleurer, c'était une seconde nature chez elle. Dès qu'elle était contrariée, voulait des excuses, attirer l'attention ou simplement, obtenir quelque chose... Il lui suffisait de pleurer. Et cet homme-là était un bien piètre comédien. De toutes manières, vraies ou fausses larmes, sa réponse n'aurait pas été différente.

    - Oui, je comprends, mais j'ai pas 500€, je vous ai déjà dit que y'avait pas d'argent ici.
    - Même 20€ ça me va aussi tu sais. Tiens, je vais rester là, et toi tu vas juste chercher 20€, et je regarde pas. D'accord ?
    - Je veux bien, moi, mais je vous dis que y'a pas d'argent...

    Il la fit se relever, la tirant par le bras. Il s'en alla dans l'entrée, lui disant de ne pas bouger. Elle le vit se baisser pour ramasser quelque chose et le mettre dans ton pantalon. Il revint, lui prit la main et la posa sur sa braguette... Elle voulut résister, cette idée la répugnant, mais n'était pas assez forte...

    - Tu vois, là, j'ai un flingue. Alors si tu me donnes pas d'argent, je te tue !
    - ...Ah ? Mais pourquoi y'a ça qui pend de votre "flingue" ?, demanda-t-elle, désignant un petit cordon rose. On dirait plutôt la laisse qui traînait dans le couloir...

    Il enleva la laisse de son pantalon. Une laisse "à rallonge", avec une poignée en plastique dur... Ichigo l'avait achetée quelques années auparavant, voulait se faire de l'argent de poche en promenant des chiens, et elle ne l'avait jamais rangée. L'homme la fit s'allonger un peu, passant le fil dans la nuque d'Ichigo et resserrant légèrement son étreinte sur son cou.

    - J'ai pas de flingue mais je peux te tuer avec ça... Alors dis-moi où est l'argent.
    - Je vous l'ai déjà dit au moins 20 fois, fit-elle, une pointe d'exaspération dans sa voix. Y'en a pas !

    L'homme posa violemment la laisse sur une chaise, entreprenant à nouveau de fouiller la maison. Il se rendit dans le salon à grand pas, qui se firent plus discrets lorsqu'il aperçut le père d'Ichigo, endormi dans le canapé... Il revint vers elle.

    - Bon écoute... Je veux pas te faire du mal moi, mais il faut que je ramène un peu d'argent sinon ça va aller mal pour moi...
    - Oui, je sais, mais moi j'en ai pas alors je peux pas vous aider, fit-elle, l'air désolée... seulement l'air.
    - Tu es fatiguée ?, demanda-t-il gentiment.
    - Oui...
    - T'as envie d'aller dormir...?
    - Oui.
    - ...Si tu me promets que tu dis rien à ton père, et que tu appelles pas la police, je m'en vais. D'accord ? Tu me promets ?
    - Oui oui, promis.
    - Mais je reviendrai, alors n'en parle pas !

    Il s'en alla simplement par la porte d'entrée, et Ichigo put enfin respirer librement. Des larmes de terreur coulèrent finalement le long de ses joues et elle alla réveiller son père, en sanglots, puis lui raconta tant bien que mal toute la scène. Elle sentait l'adrénaline engourdir tous ses membres, et sa tête tourner... Son père vérifia qu'on n'avait rien pris, même si elle lui avait affirmé que l'homme était reparti les mains vides, puis repartit simplement dormir. Elle remonta à son tour dans sa chambre, terrifiée en se rendant compte de ce qu'il venait de lui arriver... Fort heureusement, même à 6 heures du mat', elle pouvait compter sur ses amis pour se connecter sur leur ordinateur. Elle discuta de cette histoire jusqu'à environ 8 heures, et lorsqu'elle fut enfin calmée, alla se coucher. Pas avant que le ciel ne soit baigné de lumière, cependant...

    Tout l'été, elle veilla jusqu'à ce que le ciel deviennent bleu clair, n'osant plus fermer l'oeil durant la nuit. Au moindre petit bruit dans la maison, son coeur accélérait à un rythme fou et l'adrénaline lui faisait tourner la tête, lui provoquant parfois de petits malaises. Elle se sentait si mal...

     



    Prochainement, je serai à nouveau seule chez moi.
    J'ai peur...

     

    A part quelques trucs adaptés pour coller à Ichigo (principalement les parents, puisque les miens sont en fait divorcés), cette histoire est réelle... J'ai enlevé certains trucs, parce que ça aurait fait trop pour une oeuvre littéraire, mais il m'a aussi demandé si y'avait des ordinateurs chez moi alors qu'il avait 7 ordis portables (+ le mien) à portée de main... Bref. Ce gars était troooop stupide...)


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